Ticha Virginie, présidente de la Fédération internationale des chambres consulaires et de commerce d'Afrique (Fica) (Image AGD/A.E)

Pays membre de l’Uemoa et de la Cédéao où la libre circulation des biens et services est déjà une réalité, Ticha Virginie estime que le Togo jouit d’un certain nombre d’avantages comparatifs dont il faut se servir.

"Vous avez le port autonome de Lomé qui est l'un des ports avec la meilleure trafic de la zone. Il y a aussi sa zone franche où on peut facilement installer une base d'exportation. Un autre aspect qui n'est pas négligeable,  c'est le guichet unique (Seguce). Le Togo également, parce que le pays a cet avantage d'avoir un positionnement stratégique qui fait de lui un carrefour. Donc, ce sont des infrastructures qui existent déjà et il faut se servir de ces avantages", avance Ticha Virginie, présidente de la Fédération internationale des chambres consulaires et de commerce d'Afrique (Fica).

Si la mise en œuvre effective de la Zlecaf est attendue à partir du 1er Juillet 2020, le Togo est déjà bien parti selon la Fica. 

Objectif 100 PME

La Fédération internationale des chambres consulaires d'Afrique s’est fixée comme objectif d’accompagner au-moins, 100 PME par pays, par an.

Sollicitée par le gouvernement togolais pour la mise en œuvre de la plateforme multi logistique inscrit dans l’axe 1 du plan national de développement (PND), la Fica est en train de travailler avec Togo Invest, l'un des instruments de l'État pour la structuration afin mettre en place un maximum de partenariat public-privé (PPP).

Ce projet qui se veut très inclusif dont les études sont déjà terminées consiste à regrouper sur une même plateforme, banques ; assureurs ; compagnies de logistique ; producteurs ; transformateurs ; central d'achat; centre de formation ; pépinière d'entreprises, etc.

"Il y a beaucoup d'intérêt pour le secteur privé. Notre mission, c'est d'accompagner au-moins 100 PME. Les projets à accompagner ont été retenus par l'État togolais et les études ont déjà été réalisées. La seule chose qui nous reste à faire c'est comment rendre ces projets réalisables en amenant le financement qui est dérisqué. Comme le gouvernement a déjà effectué les études, les projets ne peuvent pas échouer", rassure la présidente de Fica.

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Au-delà de permettre aux pays africains d'accroître leur capacité de pouvoir commercer entre eux, Ticha pense que la Zlecaf devrait à termes, permettre de créer un marché unique et commun pour exporter à l'international.

"En restant sur le modèle de zone franche, on va pouvoir attirer les pays frontaliers qui vont venir ici non pas pour produire seulement pour le Togo mais aussi pour toute la zone. On pourra travailler de sorte à mettre en place une plateforme où tous les pays utilisent les mêmes infrastructures, harmoniser le système de production et le prix afin qu'il n'y ait plus de concurrence entre les pays de la zone mais produire avec un même label pour pouvoir exporter et être beaucoup plus compétitif", envisage-t-elle.

FICA porte la flamme d’une Afrique des possibilités

La Fica a vu le jour il y a une dizaine d'années au lendemain des objectifs post Cotonou (ACP-UE). Elle a pour principale mission de redéfinir un contour de partenariat gagnant-gagnant entre les pays africains et l'Europe et d'autres parties du monde.

C'est pour ça qu’elle travaille en étroite collaboration  avec l'Union Africaine et la commission des nations unies pour l'Afrique en tant que partenaire d'implémentation des projets structurants des pays.

La Fédération internationale des chambres consulaires d'Afrique (Fica) travaille aux cotés des Etats de l’Union Africaine pour l’implémentation de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

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Le rôle de la fédération, c’est de travailler avec les ministères impliqués pour identifier les PME/PMI qui sont déjà sur le marché et qui ont un potentiel de développement pour renforcer leur capacité dans tout ce qui concoure à l'amélioration de la production, les infrastructures de transformation, le conditionnement afin de prévenir les problèmes de normes, de standard, de qualité.

"En Afrique, nos PME sont trop jeunes. Donc, on a besoin d'un incubateur pour les aider à grandir mais on ne peut pas calquer un modèle de réussite individuel. Il faut un effet de masse et le meilleur moyen, c'est de leur donner à la fois des capacités entrepreneuriales et en même temps les mettre sur une même plateforme afin que celui qui est dans le service puisse travailler pour celui qui est dans le coton et que entre eux, ils puissent commercer", détaille Ticha Virginie, présidente de la Fica.

"Si les infrastructures sont de qualité et qu'on garantit les normes et les standards, les banques seront beaucoup plus favorables à financer parce qu'elles voient les projets à termes et les PME ne sont pas seules parce qu'on l'accompagne en même temps", persuade Ticha, Experte en bonne gouvernance.

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F.G & A.E

 

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