Sani Songai, chef du laboratoire national d'analyse de semence

Pour garantir des semences de qualité aux producteurs et relever le défi d’un meilleur rendement agricole, un laboratoire est en construction à Sotouboua (région centrale). Les travaux sont financés à hauteur de 430 millions F.cfa grâce au Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO).

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Une délégation conduite par le ministre de l’agriculture, Noël Koutéra Bataka a visité le chantier il y a quelques jours et noté un taux d’exécution du chantier à 60%. Sani Songai, chef du laboratoire national d'analyse de semence a témoigné à agridigitale de l’importance des nouveaux locaux devant abriter le laboratoire moderne des semences.

"L’ancien laboratoire était trop exigu, les équipements ne pouvaient pas rentrer dans les locaux. Toutes les sections des analyses n'y étaient pas incorporées. Des machines sont restées jusqu’à présent au magasin inutilisable. Tout ceci était un handicap et il fallait mettre en place une infrastructure plus adéquate", indique-t-il.

Vers une réorganisation complète de la filière

Malgré les efforts du gouvernement, la filière de production semencière au Togo reste un souffre –douleur pour nombre de producteurs.

S’il est conseillé aux producteurs de faire la police du semencier pour s’assurer de la qualité des semences, l’opérationnalisation du nouveau laboratoire dont les travaux finissent bientôt, permettra de faire la veille des semences qui circulent.

Visite du chantier par le ministre Bataka et sa délégation

L’organisation du secteur avec une direction des semences agricoles et une feuille de route claire des normes internationales à respecter en la matière sera d’un atout indéniable pour relever le niveau de rendement toujours faible à l’hectare.

"Les semenciers produisent et au niveau du laboratoire, nous passons à la certification. Il y a des normes autour de la production de semences qu’il faut vraiment respecter, s'assurer qu’elles correspondent aux normes internationales", précise M. Songai.

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Il informe qu’actuellement, "le Togo est déjà membre de l'ISA (international seed association), une organisation internationale basée à Genève qui coordonne les analyses dans les laboratoires membres".

"Quand le laboratoire sera achevé, nous aurons leur accréditation. Avec le taux de réalisation des travaux du nouveau bâtiment à 60%, tout sera bientôt prêt", fait-il savoir.  Le laboratoire de Sotouboua sera également ouvert à offrir des prestations aux pays voisins tels le Bénin, Ghana etc.

"Ces pays peuvent désormais aussi envoyer leurs semences pour des analyses et ce sera fait des entrées de fonds pour le Togo. L’agriculture reste un passage obligatoire si nous voulons assurer notre sécurité alimentaire", souligne le chef de laboratoire.

Les défis liés à la sécurité alimentaire trouveront un écho favorable si les bonnes semences ont désormais droit de cité.

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Palakiyêm S.

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