Les femmes productrices de cacao engagées à donner de la valeur ajoutée au cacao

Selon elles, au-delà de la vente des graines de cacao, les cabosses longtemps rejetées, pourraient désormais servir à fabriquer du savon et mieux, des composts pour la fertilisation du sol.

Ainsi, pour obtenir du savon bio aux multiples vertus thérapeutiques, les cabosses de cacao sont réduites en cendre puis en poudre jusqu’à réaliser un mélange avec l’huile de palmiste pour déboucher à l’obtention complète du savon.

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Du génie avec ces cacaoculteurs qui ont décidé d’apporter de la valeur ajoutée et de diversifier leurs sources de revenus.

Une seconde vie pour les cabosses de cacao

"L’initiative s’inscrit dans la politique du développement de notre gouvernement qui prône la valorisation et la consommation des produits locaux. Nous ferons sa promotion à travers les vitrines et foires qui seront organisées sur tout le long du territoire", lâche à agridigitale, Kpévon Koffigan, directeur exécutif de la fédération des unions des sociétés de production du café et cacao.

Un savon bio très apprécié du milieu rural

Pour ceux qui ont déjà fait le milieu rural, le savon bio a le mérite de soulager la fatigue de l’organisme et rend une certaine résistance au corps face à diverses maladies.

Dans les milieux traditionnels africains, c’est un savon très prisé et qui sert dans le traitement de certaines maladies de la médecine traditionnelle.

"Nos grands parents l'ont fait par le passé sous le nom traditionnel "Akoto". Mais là, nous allons plus loin pour apporter une plus-value à sa fabrication. Nous avons remarqué qu'au fil du temps, ces pratiques tendent à disparaître", fait savoir Éric Yebo, président du comité de surveillance de la coopérative Etsonényo à Tové Ati Avenémé.

"C'est un savon entièrement biologique sans intervention d'un produit chimique. Au-delà de tout, il reste un savon médicinal", témoigne –t-il.

Vers une usine d’Akoto

La demande de plus en plus forte du savon bio rassure les promotrices à rêver plus grand. Elles projettent pour véritablement accroître leurs revenus et avoir du minimum vital commun pour tous les membres de la coopérative, aller vers la mise sur pied d’une petite unité de fabrication de ce savon.

Du savon Akoto obtenu à partir des cabosses de cacao

"Nous produisons plusieurs tonnes de cabosses par saison et qui sont délaissées au champ sans savoir à quoi cela pourrait servir. Ces cabosses qui deviennent des gîtes pour les insectes. Notre objectif est de refaire appel à la recette de grand-mère en faisant un savon qui sera au-dessus d’autres savons déjà sur le marché local", lance Adja Yawa, Trésorière de la coopérative Etsonényo.

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Et sur le coup, la FAO a prévu soutenir, pour une phase pilote deux coopératives, respectivement à Tové Ati Avenémé et à Agou-gadjagan avec un financement de 5,5 millions F.cfa chacune.

"Ce financement permet de payer l'huile qui servira à la préparation du savon puisque nous n'en produisons pas nous-mêmes ; à commander les moules, aux achats des emballages et à la mise sur pied d’un bon circuit de distribution", souligne Komlankuma Eku, président de la coopérative Agblégnon d'Agou-gadjagan.

Les deux coopératives pilotes regroupent une soixantaine de femmes. Elles sont outillées cette semaine sur les meilleures techniques de préparation du savon.

Outre le savon bio, ces coopératives sont également très avancées dans la mise en place d’un compost avec les mêmes cabosses de cacao pour la fertilisation des sols. Un défi noble qu’elles sont prêtes à atteindre peu importe le prix.

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Palakiyêm Sandali, de retour de Tové Ati Avenémé pour agridigitale/ Suivre cette vidéo

2 Contribution(s)

  1. JJ Senawo say:

    Bonjour, Comment peux t on entrer en contact ces femmes ? Il s' agit de voir l apport de la diaspora a l investissement nécessaire a ce type d activité. Merci de votre aide pour le lien.

    13/11/2019 20:55:04
  2. POYODI m. say:

    C'est à encourager sans aucune once d'hésitation merci au FAO

    09/11/2019 17:41:28

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