Corneille Sohoulana, producteur de Riz et du Soja venu de Tchébébé

"La plupart du temps, ceux qui se disent représentants des producteurs lors des ateliers, lorsqu’ils reviennent, il y a problème de restitution. Par exemple depuis le PNIASA 1er, des dossiers sont déposés sans suite. Le paysan à la base, a toujours besoin de matériels, des intrants ou de crédits," déplore Corneille Sohoulana, producteur de Riz et du Soja venu de Tchébébé.

"Les programmes sont là mais les premiers bénéficiaires à qui sont destinés ces initiatives ne sont pas au courant et généralement sur le terrain, on nous dit, organisez-vous on va vous aider et les gens se regroupent sans savoir où ils vont, ils attendent et quand rien ne vient, ils se dispersent", s’indigne-il.

Cette frustration est partagée par nombre de paysans des zones reculées qui se demandent pourquoi malgré les efforts du gouvernement en leur faveur, leurs conditions de vie peinent à changer véritablement.

Pour recenser les vrais problèmes des producteurs et ensuite les transmettre aux autorités, la Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau en Afrique de l’ouest (CGLTE-AO) a inauguré ce mardi à Lomé  le premier forum social des paysans.

Les participants au forum social du paysan

Un cadre d’échanges et de dialogue qui va durer pendant deux jours où toutes les questions qui fâchent seront discutées dans tabou.

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"Il y a beaucoup d’investissements auprès des paysans à travers des projets et programmes qui sont sur le terrain mais nous remarquons que les conditions de vie des paysans ne changent. C’est pourquoi nous avons pris cette initiative avec les producteurs, les OSC pour échanger sur ces projets et programmes qui normalement devraient permettre aux paysans de se nourrir matin, midi et soir mais actuellement ce n’est pas le cas," justifie Azianyon Toussaint point focal de CGLTE-AO au Togo.

"La vie du paysan, c’est la terre et quand la terre n’est pas sécurisée pour le producteur, il est dans l’insécurité totale. Donc c’est le premier besoin du producteur. Le deuxième c’est l’eau. Aujourd’hui avec les changements climatiques, on ne peut plus compter sur la pluie pour nourrir nos populations. Donc nous demandons qu’on puisse penser à de grands aménagements qui puissent nous permettre de produire plusieurs fois dans l’année," énumère Colette Nakoergou Noumpoa, vice- présidente de la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP).

Plusieurs sujets seront débattus lors des travaux. Il s’agira notamment des questions liées aux droits économiques sociaux-culturels des paysans à la lumière de la politique agricole togolaise; agro écologie et souveraineté alimentaire face aux défis du réchauffement climatique; droits des paysans dans le contexte de la mise en place de pole de transformation agricole : cas d’agropole de Kara.

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A.E / *Kpaoooo ! (interjection en langue locale parlée au sud Togo (Ewé) pour exprimer que rien ne bouge vraiment ..)

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