Ige Olatokoumbo, ancienne représentante résidente du Haut Conseil des Droits de l’Homme (HCDH) au Togo

Ceci est la résultante d’une étude réalisée en 2018 et qui révèle que 96,4% des femmes responsables d'entreprises évoluent dans l'informel.

"L’étude a démontré que ces 96,4% de femmes responsables d'entreprises ont un chiffre d'affaires avoisinant 34 milliards de francs CFA. Ce qui échappe à la comptabilité nationale", déplore Claudine Otimi, administrateur civil, fonctionnaire au ministère de l'action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation.

"En cette année 2019, des statistiques qu'on a obtenues du CFE, sur 100 entreprises créées, 22 seulement appartiennent aux femmes. Est-ce à dire que les femmes ne créent pas d'entreprises, si, elles en créent. Mais ses entreprises n'ont pas d'existence légale. Il n'y a pas d'enregistrement au niveau fiscal, pas d'enregistrement au RCCM. Il n'y a pas de statistiques qui démontrent les activités qu'elles font et ça saque l'économie Togolaise", renchérit Ayélé Ekue-Amegnran, fonctionnaire au ministère de commerce.

Ekue-Amegnran, fonctionnaire au ministère de commerce

Comme Ige Olatokoumbo, ancienne représentante résidente du Haut Conseil des Droits de l’Homme (HCDH) au Togo, ces deux fonctionnaires invitent de ce pas, toutes les femmes évoluant dans l’informel à formaliser leur entreprise afin de pouvoir saisir les opportunités qu'offre le gouvernement en faveur de la promotion du secteur privé.

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"Le problème de l'entrepreneuriat féminin, c'est le problème d'informalité. Cela créé des problèmes de financement au niveau des banques. Aujourd’hui quand une entreprise se présente à la banque, celle-ci demande son enregistrement au RCCM, son enregistrement au niveau des services de fiscalité avant de voir si le business plan est fiable. Une entreprise qui n’est pas formalisée n’a pas cette chance de se faire financer par une banque", insiste Ayélé Ekue-Amegnran.

"Chères mamans, vous devez vous réveillez ! Commencer par vous demander parmi les projets qu'on a étudié dans le PND, où sont les femmes qui vont travailler pour assurer les projets au niveau des agropoles. Pas seulement pour travailler dans les fermes mais assurer qu'il y ait la production, la transformation et que ce qu'on est en train de transformer, il y a les qualités dont nous avons besoin pour accéder au marché international et l'imposer ici au Togo", exhorte Ige Olatokoumbo.

Parole aux Nana Benz

Après avoir fait l’historique des Nana Benz et énuméré ce qui faisait la force de ces dernières, Esther Nadou Aziable, directrice de Manatex est revenue sur les difficultés qu’elles rencontrent

Claudine Otimi, administrateur civil

actuellement dans l’exercice de leur activité de vente de pagnes.

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"La première difficulté que nous avons, c'est notre centre d'affaires, le marché de Lomé qui depuis six ans n'existe plus. Ensuite, nous sommes confrontés à une concurrence très rude; celle des pays asiatiques et leurs contrefaçons qui empêchent nos produits d'avoir leur place qu'il faut. L’autre gros problème, ce sont les taxes qui nous sont imposées. Il y a aussi un problème de douane qui n'est pas approprié à notre activité", liste-t-elle.

Tout en sympathisant avec les Nana Benz par rapport à leurs difficultés, Nini Nikoue, directrice de Eamod a effleuré la nécessité pour elles de promouvoir les pagnes tissés localement.

"Il y a plein de femmes qui exercent dans ce métier dont les produits sont ignorés parce qu'on ne les porte pas assez. Et si on ne le fait pas, on ne leur donne pas l'occasion de se perfectionner. On peut promouvoir aussi ce domaine et ça arrangerait également les couturières parce qu'elles auront une autre matière à travailler", développe-t-elle au panel le plus féminin de la première semaine du secteur privé  modéré par Andrée Akoumany, directrice générale T-Oil.

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A.E & S.P

 

 

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