L'économiste Kako Nubukpo dans les studios de RFI (image rfi.fr)

Bref, tourner la page de la petite agriculture caractérisée par une économie de l’autosuffisance à une grande agriculture axée sur la transformation, marquée par une économie marchande orientée marché.

"Le développement est un processus endogène. On ne peut pas passer sa vie à aller chercher des investisseurs alors qu'on a tout sur place. On a les matières premières, on a la jeunesse, on a même les terres. Il suffit de mettre tout ce monde au travail au lieu de continuer d'exporter les matières premières sans transformation comme nous le faisons depuis 60ans et même plus", regrette-t-il lundi sur RFI.

Dans un entretien au journal Lemonde, l’ancien ministre togolais de la prospective estime que "l’urgence agricole aujourd’hui, ce sont les terres convoitées par les puissances émergentes et les surplus nord-américains et européens déversés sur nos territoires, tuant ainsi toute incitation à produire localement".

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Pour corriger cette aberration, il propose "d’augmenter la productivité agricole, apporter un soutien institutionnel aux acteurs de la filière et, surtout, enclencher une politique agricole protectionniste".

"Dans un premier temps, le protectionnisme est nécessaire sur un continent où 70 % de la population est rurale. Surtout quand l’on met en concurrence les agricultures ultra productivistes du Nord et celles, familiales, du Sud si peu subventionnées. Voyez seulement, un agriculteur américain est 820 fois plus soutenu qu’un producteur tanzanien. L’Américain reçoit en moyenne 37 000 dollars par an, le Tanzanien… 46 dollars. Sur un même marché, ce dernier disparaîtra", ajoute-t-il. 

L’économiste Nubukpo note qu’après "la seconde guerre mondiale, l’Europe n’a pas attendu que les Etats-Unis la nourrissent".

"La politique agricole européenne pèse pour la moitié du budget commun, car c’est une question de souveraineté alimentaire. L’Afrique doit se nourrir en protégeant son marché", conseille-t-il.

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L’ouvrage sera bientôt disponible au Togo aux Editions Graines de pensées

1 Contribution(s)

  1. ALADJI WEKA augustin say:

    Salut Je partage l'idée du protectionnisme, mais je pense que les petits producteurs ne peuvent pas disparaître du jour au lendemain. Il faut mettre en place des stratégies qui tiennent compte d'eux , pas une stratégie qui les exclus des chaînes de valeur.

    01/10/2019 16:52:41

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