Une vraie richesse pour les ruraux

Tout sur le palmier est exploitable, ce qui fait dire à nombre de paysans, paraphrasant Lavoisier, "rien ne se perd sur le palmier, tout se transforme".

"Lorsque le paysan arrive dans son champ et il remarque au moins 10 noix de palme par terre, cela signifierait que ce régime est prêt pour être récolté", racontent-ils.

Cap sur Gadzagan (100km au nord-ouest de Lomé) à la rencontre de YADOR Kokou Mawuli, exploitant de palmier dans la région.

Tout est utile sur le palmier

Impossible de retrouver les petits producteurs de Gadzagan à la maison entre 7h et 17h30. Comme YADOR Kokou Mawuli, ils sont dans leur champ en train de préparer le sol pour le lancement de la première saison.

YADOR Kokou Mawuli dans son champ de palmiers

YADOR fait le maïs et le manioc exclusivement pour sa propre consommation. Depuis 1994, il s’est spécialisé dans la production des palmiers sur une superficie d’environ 5ha à Tsivémé (5km la route nationale).

Il n’exploite pas encore de façon industrielle sa plantation mais, la construction de sa maison et l’éducation de ses six enfants sont exclusivement les fruits de cette plante dont toutes les parties sont utiles.

"Quand je récolte les régimes, il m’arrive de revendre une partie aux bonnes dames du village. Mais, ma femme s’occupe de la grande partie pour en faire de l’huile de palme que nous stockons dans des bidons de 25 litres pour la vente. Actuellement, le prix de ce bidon d’huile a chuté et est vendu à 10.000fr CFA. Mais jusqu’au mois de Novembre, ce même bidon peut être vendu à 25.000fr CFA", explique YADOR.

Le palmier est un arbre dont aucune de ses parties n’est inutiles. Ses ergots peuvent servir comme bois de chauffage ; ses nervures permettent de fabriquer des claies et des paniers ; l'amande sert à produire de l'huile de palmiste utilisée dans la fabrication du savon et des pommades.

Les résidus des différents régimes brulés  servent de compostes. Après 15 voire 20 ans de vie, on peut abattre la plante pour extraire du vin de palme et faire du sodabi (boisson locale).

En cas d’urgence (problème de santé ou de funérailles), il suffit pour YADOR de trouver ceux qui sont dans la fabrication du vin de palme et du Sodabi et le tour est joué.

"Quand je trouve un preneur, je l’amène dans le champ, on compte les pieds qui peuvent répondre et je lui dis avant que vous n’arrachiez, vous devez me payer au comptant. Et nous faisons le pied entre 2000 et 2500fr. Généralement, un bon palmier peut offrir au moins 100 litres de vin de palme et par distillation, ce vin peut donner 40 litres de sodabi (une boisson locale)", détaille-t-il.

Sur son espace, YADOR cultive la variété Datura composée de trois types de noix à savoir le rouge vermeille, le jaune et le noir.

Qui pour leur faire des pistes rurales ?

Leur plus grande difficulté dans la zone, c’est la piste d’accès. Surtout en saison pluvieuse et après le passage des bœufs. La route devient pratiquement impraticable ; donc très difficile de s’y rendre avec la moto. Ils sont alors obligés d’y aller à pieds et s’il y a des charges à ramener, ils prennent juste ce qu’ils peuvent transporter sur la tête.

Cette situation laisse certaines récoltes pourrir dans les champs ou grèvent les prix de vente finaux sur les différents marchés car parfois, ils sont obligés de tout brader.

Plusieurs localités parcourues ont les mêmes préoccupations. Le gouvernement et ses partenaires pourront agir en faveur de ces couches défavorisées en leur dotant de pistes rurales.

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De nos envoyés spéciaux, ANANI Etsri et SANDALI Palakiyêm

 

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2 Contribution(s)

  1. Mireille Dalmeida say:

    Bonsoir agridigitale Merci pour ce bon reportage Puis je avoir les contact de ce Mr pour l'associer à lui. Cela sera très profitable pour mon business Merci

    20/08/2019 01:41:23
  2. jack mzu say:

    Très beau reportage. Vous avez abatu un Travail de Titan comme toujours. Bonne chance à vous.

    16/02/2019 18:18:08

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