Il faut des compétences pour réussir dans l'agriculture (image @CTAflash)

"Ils avaient choisi un sol fertile et sain,

La terre nécessitait quelques travaux de préparation,

Mais elle promettait d’être généreuse et féconde,

La graine fût également choisie avec soin,

C’était une graine authentique non spoliée par des chercheurs de profit,

Dans cette graine était réuni des valeurs aussi pures que l’espérance,

La sincérité, la persévérance, l’amour et surtout le germe d’un idéal,

Celui d’être au service de notre terre et des êtres qui la peuplent,

Soutenue par des âmes généreuses,

Cette graine a pu germer et déployer ses jeunes feuilles,

Très vite, elle s’est fortifiée et déjà un petit arbre est né,

Sur ces branches, des fruits délicieux attendent d’être cueillis… "

C'est par ce magnifique poème que l'association ARTERRE qui œuvre pour un mode de production respectueux de l'environnement décrit l'agriculture pratiquée autrefois et celle que Nous défendons aujourd'hui.

L'agriculture moderne et intensive a contribué ces dernières années à la dégradation des sols. Certes la modernité a conduit à augmenter les rendements et à rendre moins pénible les travaux champêtres mais nos produits agricoles ont aussi perdu de leur goût.

M. Gilles DOMENECH, gérant de la société Terre en Sève spécialisée dans les sols vivants et formation agricole a fait cette déclaration sur une plateforme virtuelle: "si la terre perd, la société également. Peut-être certains d'entre vous ont-ils été en Europe et vus nos villages désertés sans enfant ou presque avec une ou deux grosses fermes en lieu et place de centaines d'habitants, d'enfants et de nombreuses fermes familiales qui étaient présents il y'a seulement cinquante ans. Ici en France, c'est indiscutable la modernité a tué les sols, les arbres et les sociétés rurales...".

Et il conclut par ce conseil: "nous sommes un exemple de ce qu'il ne faut pas faire chez vous malgré les apparences". C'est bien-sûr à l'Afrique qu'il parle. Ici en Afrique, l’agriculture fait penser à tort ou à raison à la souffrance et à la pauvreté. Il semblerait même que les jeunes ne s'y intéressent pas.

En réalité, les jeunes aiment l'agriculture et sont prêts à s'y engager de toutes leurs forces. Ils sont prêts à braver soleil et pluie pourvu qu'à la fin de la saison, ils obtiennent de quoi vivre décemment.

En effet, c'est pour vivre dignement que plusieurs d'entre eux délaissent l'agriculture pour aller chercher un emploi en ville, voire en Europe, que les plus instruits d'entre eux veulent coûte que coûte travailler dans les banques, les compagnies d'assurances ou pétrolières... même si cela signifie travailler de longues heures du matin jusqu'à la tombée de la nuit. Et nous le savons tous, personne ne les force à y aller. Ils sont donc tout à fait capables de travailler ainsi dans le domaine agricole; il suffit juste de leur donner les moyens.

L'agriculture est un métier à part entière et comme tout métier, il faut l'apprendre et en maitriser les rouages. Voici le conseil du Docteur Agnès KALIBATA, présidente de l'Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA), aux jeunes qui envisagent une carrière dans l'agriculture : "... Il faut des compétences et vous devez être prêts à apprendre. Ce n'est pas une chose vers laquelle vous allez parce-que vos parents plantaient du maïs derrière la maison et que vous allez planter du maïs et l'agriculture travaillera pour vous. Il faut des compétences, ces compétences doivent être acquises et il y a des lieux pour cela..." (Interview paru dans le magazine HORIZON du COLEACP de Juin 2018 à la page 5).

En parlant d'entrepreneuriat et d'emploi des jeunes dans le secteur agricole, il importe donc de résoudre la question de l'accès à l'information et à la formation; il ne faudrait pas oublier celle relative à l'accès au financement, à un équipement moderne mais adapté à nos sols et réalités socio-économiques puis celle de la transformation et de l'accès aux marchés porteurs. Toute la chaîne doit être prise en compte pour un équilibre.

Aujourd'hui tout le monde sur tous les continents veut consommer de la nourriture saine. C'est donc une opportunité que la jeunesse africaine doit saisir pendant qu'elle dispose encore de ce trésor tant recherché ailleurs: un sol fertile et sain.

Je suis sûre qu'elle est prête à effectuer les travaux de préparation du sol ainsi que tous les travaux champêtres même si cette fois-ci, ce fera avec des outils modernes. Toutefois, elle ne recourra à aucun moyen susceptible de dégrader le sol.

Elle travaillera avec sincérité, persévérance et amour pour produire des fruits délicieux et nourrir des gens de tous horizons. Et comme vous le savez déjà, ce sera à une condition: qu'elle soit outillée et qu'elle puisse en vivre décemment.

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Essossolim GNEBI, Directrice de la société SOLARIS

3 Contribution(s)

  1. Nom & Prénoms * say:

    Bonjour à vous, L'agroforeterie pratiquée traditionnellement par les paysn(ne)s est le meilleur systèmes agroécologique pour assurer le souveraineté alimentaire, économique, sociétale et économique. Bonne continuation serge v Hydro-Pédologie & Agro-Écologie

    06/11/2019 15:04:16
  2. VALET Serge say:

    Bonjour à vous

    06/11/2019 15:01:34
  3. AUbaud Yves say:

    Bonjour amis-Togolais, Soyez exigent avec la rétribution de vos productions ! Faites confiance aux productions locales ! Posons-nous la question des possibilités offertes aux jeunes, aux déçus des villes...pour un retour à la terre. Bien cordialement. Yves

    29/07/2019 13:48:25

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