Tsèvi Kofitsè plaide qu'on remplace le bol par le kilo

Installé depuis 1975 à Kofitsè-kopé (32km à l'ouest de la ville de Tsévié), Kofitsè cultive le maïs et le coton sur 5,5ha puis les palmiers et les tecks sur 50ha.

"Je cultive d’abord le maïs à partir de mi-avril et vers fin juillet puis j’associe le coton après sarclage. S’il pleut normalement et que je ne fais pas de paresse, j’obtiens 60 sacs de 100Kg de maïs et plus de 5 tonnes de coton", avoue Kofitsè.

Profitant du passage d'agridigitale, il lève le voile sur deux grandes difficultés des producteurs du milieu avant de faire des propositions pour sauver ce qui peut encore l’être.

La mauvaise foi des acheteurs

Comme solution, il préconise aux acteurs de prendre exemple sur la filière coton où les prix au kilo sont fixés en début de campagne.

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"Pour le maïs, le plus dur c’est après la récolte parce qu’il n’y a pas d’acheteurs. Les rares personnes qui viennent pour acheter se donnent le plaisir de fixer le prix avec des bols et des sacs qui leur conviennent. Tout cela fait qu’à la fin, on n’arrive même pas à obtenir l’argent investi. Si on pouvait organiser le marché comme c’est le cas pour le coton c’est-à-dire avoir des magasins pour stocker nos récoltes et vendre au kilo, ce serait bien et je suis persuadé que ça peut contribuer à attirer les jeunes vers le secteur", espère Kofitsè. 

Rareté de la main-d’œuvre agricole

Du haut de ses 44 années d’expériences dans les activités champêtres, le chevalier de l’ordre du mérite agricole assiste avec impuissance à la rareté de la main-d’œuvre agricole.

"La jeunesse n’est pas du tout intéressée par l’agriculture avec la houe et la machette ; ce qui fait que nous manquons énormément de main-d’œuvre pour faire les travaux au moment opportun et cela agit sur nos rendements. Pour les trois dernières années, j’ai dû recourir au tracteur", témoigne-t-il.

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"Il faut que le gouvernement ou des bonnes volontés nous viennent en aide avec des machines pour que cela puisse retenir les jeunes si non, il y a de fortes chances que les terres qui doivent être cultivées pour s’acheter des biens matériels continuent d’être directement vendues pour s’acheter des motos ou des voitures qui tombent en panne quelques jours plus tard", suggère-t-il.

L’appel de Kofitsè sera sans doute entendu pour d’épanouissement de cette couche vulnérable. L’action politique fera tout changer dans le bon sens.

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Anani E.

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