Une partie de Lomé sous les eaux

Devant son auditoire (ANASAP, Urbanisme, Habitat, Assainissement, ANPC, ONIT etc.) qui voulait vraiment comprendre pourquoi, à la moindre pluie, Lomé se retrouve sous les eaux et les alternatives crédibles à soumettre au gouvernement,  Dr Gbafa a livré des réflexions pertinentes.

"En observant la topographie de la ville de Lomé,  après la mer, il y a le cordon littoral qui est un peu haut (2 à 5 m) au-dessus du haut de la mer. Ensuite, il y a la zone lagunaire qui suit et qui a des côtes plus basses que celle de la mer. C'est compliqué de drainer les eaux pluviales parce que lorsque vous les prenez d'un point, vous rencontrez une montée avant de redescendre", signale d’emblée l’ingénieur diplômé de l’Ensi.

En conséquence souligne –t-il, à "chaque pluie, un regroupement d'eau est observé dans les bassins topographiques que la ville présente".

"L'ancien plan directeur de la ville a pris en compte les rétentions d’eaux pour la mise en place des bassins que nous avons actuellement. Ce que nous trouvons vraiment  anormal. Si on utilise la hauteur de pluie, ce n’est vraiment pas efficace, voilà pourquoi nous suggérons de prendre en compte les intensités de pluies. C’est ce mauvais calcul qui fait qu’à chaque pluie, les bassins sont remplis", analyse –t-il.

Il fonde ses conclusions sur les relevés effectués sur les ouvrages d’assainissement pluvial des 172 voies revêtues de Lomé et de 50 années de relevés pluviométriques de la station Lomé aéroport.

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Pour l’essentiel, il en ressort une insuffisance notoire d’ouvrages d’assainissement pluvial dans la ville, à cause de caniveaux inexistants sur certaines voies aménagées ; de caniveaux sans exutoires ; de caniveaux à ciel ouvert et de caniveaux de fortune construits par la population.

Il propose ainsi un nouveau schéma directeur pour répondre aux contraintes des changements climatiques et de gestion intégrée des eaux pluviales de la ville de Lomé pour un coût total de réalisation estimé près de 800 milliards F.cfa.

Dans les villes, la gestion durable des eaux pluviales reste un enjeu important. La capacité de stockage des bassins de rétention est insuffisante car les intensités seuils qui les débordent sont inférieures aux pluies de 2 ans de période de retour.

Pour finir, le docteur Gbafa propose une réhabilitation et construction de 40 bassins de rétention (100 km de réseaux secondaires et 350 km de réseaux tertiaires); la construction de 04 stations d’épuration ou de traitement des eaux pluviales ; 08 stations de relevage; une expropriation et relogement des populations des zones à risques (40 ha désaffectés et relogement des populations) et le renforcement des laboratoires de recherche écologique, hydraulique et hydrologique.

Le gouvernement est convié à travailler avec le milieu de la recherche, surtout avec l'Ordre national des ingénieurs du Togo (ONIT) pour des solutions pragmatiques aux innondations aggravantes qui touchent la ville de Lomé.

L'ordre se veut être une force de proposition et exhorte les pouvoirs publics à prendre en compte dans ses plans et programmes ses différentes propositions pour la maîtrise des innondations au Togo.

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Palakyêm S.

 

2 Contribution(s)

  1. big say:

    Lomé ne souffrait pas pour autant de pluie avant 2.000. Il faut voir ce qui est ajouté à la ville qui, malgré les rétentions les choses se sont empirées

    10/10/2019 12:07:36
  2. Bonfoh Moustapha say:

    Toutes mes félicitations à l’Ingenieur Gbafa pour ses recherches pour la réhabilitation et innovation dans le cadre de la gestion des eaux pluviales.

    10/10/2019 08:24:19

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