Sékou Sangaré, commissaire chargé de l’agriculture, de l’environnement et des ressources en eau de la Cédéao.

Le constat de départ était très simple : "quand il fait chaud, c'est tout le monde qui a chaud,  quand il y a des inondations, des baisses de productivité, c'est tout le monde qui le ressent".

Le diagnostic posé, l’épineuse question au centre des échanges a été la mobilisation des ressources innovantes devant permettre à la Cédéao de mieux accompagner les Etats pour la mise en œuvre des Contributions Déterminées Nationales (CDN) et de l’accord de Paris.

"La destruction des ressources naturelles, la baisse de la fertilité des sols, l'érosion, la perte des biodiversités, l'ensablement de nos cours d'eaux, la déforestation par l'agriculture, par les feux de brousse, tout ceci doit nous interpeller. À cela, il faut ajouter la pollution de l'air dans les grandes villes, la pollution de l'environnement avec les déchets, le faible accès des populations à l'énergie. Tout ceci constitue des défis", a noté d’emblée Sékou Sangaré, commissaire chargé de l’agriculture, de l’environnement et des ressources en eau de la Cédéao.

Alors quoi retenir exactement de la feuille de route de Lomé ?

Les experts climat ont fait preuve de fermeté en recommandant à la commission de la Cédéao de rendre les engagements climats robustes et réalistes.

Ils ont plaidé pour un changement de paradigme dans la région en encourageant la création d’un environnement favorable à l’investissement dans l’action climat ; soutenir la satisfaction des besoins exprimés par les plus vulnérables face aux impacts  des changements climatiques ; agir ensemble de manière coordonnée, mobiliser des financements additionnels et innovants pour les initiatives transnationales.

Les points focaux pays interpellés

En réponse aux interpellations, M. Sangaré a fait savoir que cela exige la prise en compte non seulement "des besoins des populations pour être à la fois résilients face aux changements climatiques mais en même temps, répondre positivement pour satisfaire les besoins de ces mêmes populations en termes de création d'emplois, de revenus en faisant face au changement climatique".

Il a ainsi interpellé les points focaux accrédités dans les pays à aider à la préparation des projets pour que l'Afrique de l'ouest émerge en termes de mobilisation et de mise en œuvre beaucoup plus significative de l’accord de Paris.

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"Puisque nous nous engageons dans un cadre de solidarité, nous souhaitons que vous acceptez avec nous, de démarrer la mise en place du mécanisme de solidarité pour renforcer les capacités au niveau national et régional dans la préparation de bons projets, la mobilisation des ressources, le décaissement des fonds et le suivi évaluation", souligne –t-il.

Les citoyens doivent aussi faire leur part

Outre les points focaux, M. Sangaré a estimé que si la réflexion se fait au niveau global, il revient à chaque citoyen de se rende compte qu'il a un rôle extrêmement important de changement de comportement par rapport à la gestion et à l'amélioration du climat.

"Quand on nous demande de changer de paradigme, notre rôle c'est d'amener tout le monde au niveau de notre région à prendre conscience que nous devons regarder les choses avec beaucoup d'attention quelle que soit la zone agro-écologique dans laquelle on se retrouve.  Qu'on soit au Sahel ou dans les pays côtiers, la problématique est la même", rappelle le commissaire en charge de l’agriculture et de l’environnement.

Aujourd'hui, un peu partout dans la région, il y a beaucoup d'initiatives locales qui se mettent en place avec les ONG, les associations que M. Sangaré appelle à multiplier.

"Nous devons faire en sorte que dans les zones rurales, les gens puissent  avoir accès à de l'énergie propre grâce à l'énergie solaire pour que les enfants puissent étudier la nuit à la maison, pour que les unités sanitaires puissent garder les vaccins pendant très longtemps aussi bien pour les humains que pour les animaux. Nous devons faire en sorte qu'il y ait de petites unités de transformation qui fonctionnent à base de l'énergie solaire", martèle-t-il.

Enfin, le commissaire en charge de l’agriculture et de l’environnement et des ressources naturelles a promis de faire en sorte que les responsabilités qui ont été confiées aux uns et aux autres dans le cadre du projet Alliance Mondiale contre le Changement Climatique plus (AMCC+ ou GCCA+) Afrique de l’Ouest soient assumées dans le respect du calendrier défini et de faire un suivi dans la mise en œuvre des actions.

"Lorsque les moyens sont mis à disposition, il est important que l’on s’assure que ces moyens ont été effectivement affectés et à tant aux différentes opérateurs du terrain et que les actions ont été effectivement mises en œuvre dans le délai et sur ce plan, l’ARAA avec la coordination du projet seront disponible pour assurer le suivi", insiste-t-il.

Il a véritablement assuré que l’ARAA veillera au suivi et à la mise en œuvre des bonnes résolutions prises à Lomé.

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Anani E.

 

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