Morongou Namana, productrice de coton dans la préfecture de l’Oti

La fédération Nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC COOP-AC) témoigne que dans ses rangs, sur 150.000 producteurs, on peut compter 12.000 femmes.

"Depuis 2012, la relance de la production cotonnière a pris en compte les femmes tout en les organisant en groupement. A ce jour, il existe des groupements uniquement gérés par les femmes. Elles gèrent la réception et la distribution des intrants, des opérations d’achat etc.", témoigne Mamare Sibitidja, président du conseil de surveillance de la FNGPC COOP-AC.

Il ajoute que les discussions sont en cours entre la FNGPC et la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT) pour que ces femmes productrices soient traitées de manière spécifique.

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"Nous conseillons aux femmes productrices de ne pas trop emblaver des hectares parce que quand on regarde le travail qu’elles doivent faire aux cotés de leur mari avant de tourner vers leur propre espace, ce n’est pas du tout facile. Mais nous voulons aussi qu’elles gagnent dans la production. Voilà pourquoi, nous insistons sur le respect des itinéraires techniques.  Avec le prix qui est au rendez-vous aujourd’hui, elles  trouvent quand même aisément leur part dans cette activité", mentionne Etoh Koffi, coordonnateur national FNGPC COOP-AC.

Une charge de trop pour les femmes

Dans les milieux ruraux, les femmes sont à la fois sollicitées par leur mari dans leurs travaux champêtres et en même temps, s’occuper de leurs propres exploitations. Une vie pas du tout facile.

"C’est nous qui aidons nos maris dans les travaux champêtres. Et s’il faut dire que tu as un champ propre à toi, parfois ça devient un casse-tête", témoigne Morongou Namana, productrice de coton dans la préfecture de l’Oti (nord-Togo).

Pour tenir le coup, ces femmes sont obligées de quitter très tôt le matin pour exécuter leur part de travail auprès de leur mari et c’est au moment de la pause, elles sautent rapidement sur leur espace de culture.

"A ce jour, le travail du coton reste très difficile pour nous les femmes. Nous baillons les terrains et ce n’est pas du tout facile. Si tu as la chance d’avoir des métayers, la tâche est un peu allégée sans compter bien sûr les caprices du climat ", raconte Mme Morongou.

Malgré les difficultés, elle arrive à tenir le coup depuis 2011 et pour le compte de cette nouvelle campagne, elle projette emblaver 4 hectares.

"A la campagne précédente, j’ai fait 2 hectares en raison de 2,705tonnes à l’hectare, l’équivalent de 545.050 F.cfa", indique la femme productrice.

Donner plus d’accès aux femmes à la terre

L’implication des femmes dans la réussite de la nouvelle feuille de route agricole est indéniable. Les pouvoirs publics pourront créer des cadres pour faciliter à ces femmes productrices l’accès équitable à la terre dans les communautés.

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Surtout dans le nord-Togo où les femmes sont obligées de louer les terres et les rendre aussitôt après aux propriétaires hommes constituent un sérieux handicap pour plus d’engagement des femmes dans les filières agricoles.

Si l’effectif dans la filière cotonnière est passé de 114.200 en 2012 à 150. 000 à 2018, c’est aussi grâce aux femmes qui se lancent également dans la filière. Durant la même période, le rendement est passé de 80.729t en 2012 à 137. 000t en 2018 et le prix du kg de coton graine de 230 F à 285 F.

Le nouveau cap fixé d’ici 2022 est de 200.000t et la FNGPC croit que ce résultat sera atteint si et seulement si l’Etat double encore plus d’attention pour une meilleure gouvernance de la filière.

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