Séna Alouka, Directeur Exécutif de Jeunes Volontaires pour l'Environnement (JVE)

"L’objectif a été de créer un cadre d’action forte en direction de l’Etat pour que la consommation locale dont on vient de créer un ministère ne soit pas un mot vain comme par le passé. Ensuite, amener l’Etat et les acteurs de la consommation locale à prendre en compte l’aspect agro écologie", souligne Kossi Agbalenyo Directeur de l’ONG AGIDE dont le siège à abriter la réunion.

Et pourtant, ce ne sont pas des initiatives qui manquent pour justement  promouvoir  la consommation des produits locaux.

"Il est possible de produire en grande quantité sans utiliser des intrants chimiques grâce à l'agro écologie qui consiste à s'assurer qu'il y est une harmonie entre le paysan, le produit et la terre. C'est une forme d'agriculture qui permet à ce que le paysan soit à l'écoute de la terre et que la terre ne puisse pas nourrir l'homme au détriment du maintien de ses propres équilibres", soutien Séna Alouka, Directeur Exécutif de Jeunes Volontaires pour l'Environnement (JVE) qui invite les producteurs à s'approcher des praticiens pour apprendre comment faire.

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"L'idée, c'est de regrouper ceux qui interviennent dans la consommation locale. Si on arrive à se mettre ensemble, on peut à partir de là, avoir accès à certains financements, à certaines opportunités qui vont nous aider à diminuer le coût de production des matières premières locales qui vont intervenir dans la transformation afin d'avoir des produits fini qui seront moins chers", martèle Komlavi Daniel Agblévon, patron d’une boulangerie à Lomé.

Pourquoi la consommation locale a du plomb dans l’ail ?

Le vrai problème selon les acteurs, c'est le rapport prix et qualité, surtout le prix. De toute évidence, si un produit local est cher par rapport à un produit importé, le consommateur va préférer ce qui est importé.

Donc aujourd'hui, le défi c’est de trouver des mécanismes pour que les produits locaux soient à un prix très abordable pour tous.

"Pour le pauvre, le produit local coûte plus cher que les produits importés. Cela est dû au fait que nous avons des pratiques agricoles peu rentables si bien que le produit en fin de chaîne devient cher. Maintenant pour le riche, il a les moyens pour acheter les produits mais il dira que les produits sont mal présentés. Donc si nous arrivons à avoir l’emballage de qualité, nous pourrons servir les riches et si nos prix sont concurrentiels, nous pouvons servir le pauvre aussi", explique Agbalenyo.

"Personnellement, je suis dans la fabrication du pain à base de manioc et de l'igname. Si le kilo de la farine du blé me revient autour de 250 et 300F, et la farine de manioc me revient à 800 franc le kilo, ce n'est pas encourageant", renchérit Daniel.

À la fin de la rencontre, une commission ad ’hoc  a été mise en place. Elle aura pour principale mission de faire une meilleure sensibilisation auprès de la population sur la consommation locale.

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"Nous allons mettre en place des comités régionaux qui auront pour rôle de faire une meilleure sensibilisation de la population sur la consommation locale. Actuellement, les coûts de certification sont très chers. La deuxième mission c'est de chercher les structures de certification. Le dernier, c'est de faire le plaidoyer auprès du gouvernement pour qu'il y ait des subventions sur l'emballage, le coût de production, en ce moment le produit peut être moins cher pour les consommateurs", planifie Alphonse Pya-Abalo Amana, président de la commission ad ‘hoc.

Les regards sont aujourd’hui tournés vers le ministère en charge de la consommation locale dont les premières actions sont très attendues.

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Envoyé Spécial à Tsévié, Anani E.

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