Victoire Tomegah-Dogbé (G) et Hawa Cisse Wague (D) lors de la restitution de l'étude

Cinq (5) points clés sont à retenir et qui peuvent servir de la boussole pour mieux s’orienter.

Primo, l’accès aux finances. L’accès au financement pour les différents acteurs des filières tels que les entreprises privées qui peuvent jouer un rôle d’agrégateur au sein des chaînes de valeur est identifié comme un point saillant. 

Secundo, un marché pour les produits finaux. Avec la croissance démographique et l’urbanisation galopante, il y a de nouveaux marchés qui sont en train de se développer.

La densité de la population pourrait constituer une force, un grand marché pour la consommation des produits, tel l’exemple chinois qui donne des idées à beaucoup de pays du monde, surtout en Afrique.

Tertio, une production stable, de bonne qualité et en quantité suffisante. Cela nécessite d’augmenter le volume de production,  à travers une amélioration de la productivité (semences améliorées, services agronomiques, techniques respectueuses de l’environnement) et une augmentation des surfaces cultivées (seulement 45% des terres cultivables étaient exploitées en 2012).

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Quarto, la bonne structuration des filières. Le niveau d’organisation et la structuration d’une filière est étroitement associé avec le niveau de confiance entre les acteurs de la filière, une nécessité pour pouvoir réaliser ce potentiel.

Enfin, il faut relever que le développement d’une filière crée des opportunités pour de nouveaux services, tels que la mécanisation, la production et la fourniture des intrants, la vulgarisation. 

Tous les domaines d’activités qui peuvent créer de nouveaux emplois pour les jeunes

Agriculture : un secteur d’opportunités

Sans aucun doute, si l’étude a pu se focaliser sur la chaîne de valeur agricole, c’est tout simplement parce qu’au Togo, le secteur représente 40% de la richesse nationale et plus de 60% des emplois.

Malgré son poids dans l’économie, les emplois dans le secteur agricole sont majoritairement informels, la croissance de la productivité est faible et l’agro-industrie peu développé ce qui amène à un faible niveau de valorisation des produits agricoles et de génération de valeur ajoutée.

L’étude permet alors d’appuyer le gouvernement à évaluer les options d’inclusion économique des jeunes dans les chaînes de valeur à fort potentiel afin d’accroître leurs revenus et créer de nouveaux emplois.

Divers canaux s’offrent aujourd’hui à la jeunesse qui souhaite se lancer dans le secteur. En 2018, le Togo a exporté plus de 22.000 tonnes de produits biologiques vers l’Union européenne (UE). Déjà, la culture bio est une immense opportunité, surtout les exportations de produits de niche à forte valeur ajoutées, telles que les épices ou les fruits bios frais.

Ensuite, les jeunes producteurs peuvent augmenter leurs revenus grâce à une meilleure productivité ; créer de nouveaux emplois à travers une meilleure valorisation des produits agricoles ; augmenter le niveau de transformation pour créer de la valeur ajoutée au niveau local.  

Les nouveaux emplois

Victoire Tomegah-Dogbé, ministre en charge du développement à la base, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes a salué que l’étude permet aux jeunes  d’identifier les filières agricoles porteuses et faire de bons choix.

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"En plus de l'identification des filières prioritaires, l'étude cherche à trouver les moyens nécessaires au développement desdites filières pour créer de nouveaux emplois décents et augmenter les revenus des acteurs qui y sont déjà engagés. Elle permet également de définir les besoins d'appuis nécessaires aux groupes vulnérables, tels que les jeunes et les femmes pour mieux se connecter aux nouvelles opportunités économiques tout au long des filières porteuses", renchérit Hawa Cisse Wague, représentante résidente de la Banque mondiale au Togo.

Ce qui reste à faire dans l’immédiat, c’est l’étude approfondie de filières à fort potentiel.

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Palakiyêm S.

 

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