Kodjovi Adambounou, directeur général de Easy mobility.

Pour faire simple, une bonne femme revendeuse d’ignames à Bassar (région centrale) pour faire écouler ses produits, pourrait prendre les images de ses ignames, les partager sur les plateformes surtout WhatsApp et vite, les demandeurs frappent à la porte. 

Bien entendu aujourd’hui,  les réseaux sociaux ou les plateformes de vente en ligne sont légion et chacun tire son épingle jeu. Chaque jour, chaque seconde, on vend, on achète et ce sont des milliards de transactions qui sont effectuées.

L’offre et la demande sont soumises au principe de la vitesse dans la transmission des données, facilitent la prise de décision et diminuent les coûts. C’est bien cela, l’univers du e-commerce débattu lundi lors d’un panel à la 16ème foire internationale de Lomé.

"Avant, les clients bougeaient beaucoup. Il y avait leurs collaborateurs qui venaient. Mais aujourd’hui, avec le téléphone on ne voit plus les gens, tout se passe en virtuel. C’est un outil qui nous avantage surtout pour les payements, ça facilite les traçabilités financières," témoigne Esther Nadou Aziable qui fait beaucoup d'opérations via sa page Facebook.

"Dans notre secteur, tout le monde le fait. Quand les mamans ne savent pas le faire, il y a les enfants, les petits enfants ou les collaboratrices qui le font. Même les revendeuses d’adémé le font," persiste-t-elle.

Tout comme Nadou, Edeh Dona Etchri, directeur général de la plateforme e-agribusiness vend les produits agricoles à l’international via sa plateforme.

"Nous écoulons en moyenne 50 tonnes de produits agricoles  par semaine depuis un moment. Nous développons de nouveaux services pour avoir plus d'acheteurs à l'international pour nos agriculteurs," avance Dona.

Un domaine nouveau

En 2018, le commerce électronique au Togo représenterait 6,6% du commerce global. Le domaine est encore nouveau dans la plupart des pays africains comparé à ce qui se passe en Europe ou aux Etats-Unis où les transactions sont encore plus importantes.

"Il faut saisir au plus tôt possible le changement par la main avant qu'il ne vous attrape par le cou. Le grand défi qu'il y a aujourd'hui est d'abord le problème d'infrastructures, la connexion internet avec un taux de pénétration encore faible", analyse Kodjovi Adambounou, directeur général de Easy mobility.

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"Même avec son compte bancaire, on n’a pas la possibilité de payer en ligne. Il faut une autre procédure avant de payer. Nous n'avons que T-money et Flooz qui se limitent au plan local alors que l'Internet, c’est mondial", regrette –t-il.

Quand les marchés classiques deviennent virtuels

Kadiri Ouro-agoro, juriste et expert en régulation du numérique estime pour sa part que le défi à relever est encore immense.

"Jusqu'à ce jour, à peine une vingtaine de sites permettent de faire le commerce électronique. Ce qui est très insuffisant pour assoir un cadre logistique afin de bien faire bouger les lignes du système", fait-il remarquer.

Un commerce de plus en plus exigeant !

"Le commerce électronique est beaucoup plus exigeant que le commerce classique. S'exerçant dans le domaine du numérique, il y a beaucoup de précautions à prendre en compte notamment en ce qui concerne la cyber- sécurité cybercriminalité, et aussi la protection des données à caractère personnel", recadre Komlan Amouzou, juriste au ministère en charge du commerce.

"Pour devenir e-commerçant, c'est que vous devenez un opérateur économique. Vous êtes soumis aux formalités qui régissent la création d'entreprise parce que vous devenez entrepreneur. Aujourd'hui le commerce n'est plus juste axé sur un bien mais va au-delà des services et des prestations à caractère intellectuelle", clarifie Sambigou Nanika, membre du comité communautaire de la conformité/CEDEAO.

Johnson Kueku-Banka, directeur du centre togolais des expositions et Foire de Lomé a pour sa part noté que cette ère de forte innovation technologique exige d’avoir certaines compétences pour avancer.  

"Nous sommes sur un nouveau terrain avec un nouveau langage qui nécessite des compétences. Il faudrait faire bénéficier ce type de commerce aux togolais et il faut reconnaître que chaque pays à ses particularités", a-t-il souligné.

Un pari qui sera sans doute tenu lors des différents panels qui se poursuivent ce mardi au centre togolais des expositions et foires de Lomé (Cetef).

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