David Wonou Oladokoun (M), ministre de l’environnement ouvrant l’atelier de réflexion

Un mérite salué ce mercredi à Lomé par David Wonou Oladokoun, ministre de l’environnement, du développement durable et de la protection de la nature du Togo à l’ouverture de la réflexion régionale sur le climat.

"Le changement climatique impacte nos terres et ceux qui en vivent, érode nos côtes, réduit nos réserves hydriques et menace nos écosystèmes et nos aires protégées. Le risque d’aggravation des conflits et d’amplification des mouvements migratoires, augmente. C’est pourquoi nous ne pouvons être à la hauteur des enjeux de développement et de sécurité sans perdre en considération les questions climatiques", martèle M. Oladokoun.

Traoré Sy Alain, directeur agriculture et développement rural de la Cédeao ajoute que "compte-tenu de la nature transfrontalière des impacts du changement climatique sur les secteurs clés de développement (agriculture, ressources en eau, biodiversité, élevage pastoral, zones côtières,...), les institutions régionales et en particulier la Cédeao, doivent démontrer un leadership politique fort pour soutenir la mise en œuvre des engagements pris par les Etats membres".

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En guise de thérapie, la commission a mis en route avec Expertise France, un programme dénommé projet Alliance mondiale contre les changements climatiques plus (AMCC+ ou GCCA+) en Afrique de l'Ouest.

"Nous avons développé ce programme en réponse à l'engagement de nos pays dans l'accord de Paris. Nos pays se sont engagés sur beaucoup de choses. Maintenant comment ils vont arriver à mettre en œuvre ces engagements ? Il y a beaucoup de fonds. Fonds climat, fonds vert, fonds d'adaptation qui existent et nos pays n'ont pas accès à ces fonds. Il y a moins de 2% de nos pays qui ont accès à ces fonds pour avoir des projets concrets au profit de nos populations", justifie Traoré Sy.

Pour lui, le but ultime de l’atelier régional de Lomé, "c'est d'avoir une stratégie régionale au niveau Cédeao sur la question climat".

"On va toucher à tout : Énergie, agriculture, infrastructures, santé, etc.", a-t-il précisé.

Financé par l'Union européenne à hauteur de 12,1 millions d'euros, sur cinq ans (2018 et 2022), le GCCA+ Afrique de l'Ouest est mis en œuvre par Expertise France, sous le leadership de la commission de la Cédeao et en collaboration avec le comité permanent Inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS).

Du projet, il est attendu entre autres que, la CEDEAO et ses organismes spécialisés développent des capacités opérationnelles et institutionnelles répondant aux besoins des pays membres plus le Tchad et la Mauritanie dans les domaines de concentration du GCCA+, dans les négociations climat et dans la mise en œuvre de l’accord de Paris, des projets pilotes d’adaptation servant de références pour la réplication future sont démultipliés.

"Les populations ont lancé un appel. Ils ont un besoin, nous sommes payés et mandatés pour répondre à ces besoins, donc nous sommes là pour ça. Si à l'évaluation, ils se rendent compte que nous n'avons pas répondu à leurs préoccupations c'est nous qui serions sanctionnés", précise M. Traoré.

Les travaux prennent fin le 13 septembre à Lomé et un panel de haut niveau marquera également les échanges dès demain jeudi.

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Anani E.

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