Exiger la qualité des semences pour garantir un bon rendement

Malgré les efforts du gouvernement pour assainir le secteur et garantir la traçabilité et la qualité des semences produites et commercialisées, des semences de mauvaise qualité sont toujours mises sur le marché.

"Une pratique qui sabote les efforts de développement agricole", dénonce le ministre de l’agriculture, Noël Koutera BATAKA.

"Les producteurs et distributeurs de semences tout venant seront désormais punis conformément aux dispositions de la loi sur les semences", a-t-il prévenu ajoutant que "des contrôles inopinés seront effectués pour traquer les contrevenants".

La conduite à tenir désormais est que des opérateurs du secteur doivent s’approcher de la Direction des semences agricoles et plants (DSP) pour obtenir les autorisations nécessaires et les producteurs de grain sont conviés de s’adresser aux opérateurs agrées en vue de l’obtention de semences certifiées et de variétés améliorées.  

Le paysan doit faire sa police

Le recadrage de la filière semencière lancé par le gouvernement fait débat et les premiers acteurs concernés estiment que la mesure venait à point nommé.

"Lorsqu’un producteur va dans un point de distribution de semence, il faut qu’il cherche à voir le certificat du producteur et qu’il s’assure qu’il y a ce certificat dans l’emballage", souligne  Balintiya Valentin Konsana, président du Réseau National des Producteurs de Semence Certifiées du Togo (RNPS C-TG), interrogé ce dimanche par agridigitale.

Lire aussi : Valentin, le grand patron des semences certifiées

"Cette année, nous avons pris des dispositions pour que les semences du réseau soient conditionnées dans des sacs identiques avec le sceau du réseau et les références (la région, les contacts). À l’intérieur, il y a des étiquettes qui portent les informations qui sont sur le certificat d’analyse délivré par la DSP," détaille le président du Réseau National des Producteurs de Semence Certifiées du Togo.

Il explique que "ceux qui ont produit leurs semences dans le respect de la loi promulguée en 2009 se retrouvent bien souvent avec leurs produits parce qu’ils n’arrivent pas à vendre à cause de cette concurrence déloyale".

Eviter la fraude et la publicité mensongère

Christopher DEGBOEVI, spécialiste de l’Ingénierie  Agronomique et de la protection des végétaux explique que "quelle que soit la nature de la semence, il ne faut pas la mettre en vente sous prétexte qu'elle a des propriétés pour tromper l'acheteur alors que cela n'a pas été certifié or la semence certifiée a été obtenue avec des coûts".

"Il est tout juste interdit de mettre en commercialisation des semences qui n'auraient pas été certifiées pour éviter que les gens ne cherchent à se faire de l'argent sur le dos du paysan en surfant sur la sensibilisation qui est faite sur l'importance des semences certifiées. Rien n'interdit que les gens s'échangent les grains pour toutes fin, mais il ne peut pas être accepté que certains cherchent à commercialiser des produits à des tarifs équivalents à ceux de produits certifiés sans avoir ajouté de la valeur. Cela s'appelle de la fraude", a-t-il détaillé.

Pour lui, "la finalité est d'encourager et reconnaître les mérites et les efforts que font certains".

"Ceux qui veulent promouvoir des semences paysannes doivent s'inscrire dans la réglementation et l'administration semencière se ferait un plaisir de les soutenir car le Togo fait partie de la convention de protection de la biodiversité. Cette mesure sur les semences peut changer beaucoup de chose si l'application est respectée", a-t-il souligné.

Rendement, tendon d’Achille du gouvernement

Le ministre de l’agriculture, Noël Koutera BATAKA recommande aux entreprises semencières de se départir de la fixation sur les achats institutionnels et développer des stratégies commerciales pour vendre leurs produits.

"Le gouvernement fait et poursuivra ses efforts en matière d'assainissement, de suivi, contrôle et accompagnement des acteurs pour que les producteurs aient accès aux meilleures technologies à coûts abordables afin d'améliorer significativement leurs rendements", a martelé le ministre.

"Les rendements sont le tendon d'Achille de notre compétitivité", conclut-il en invitant chaque acteur à jouer sa partition sur le terrain.

Votre avis