Le risque zéro n'existe pas, les banques s'engagent (image @boa)

Ensuite, le MIFA (Mécanisme incitatif de financement agricole) va faire son travail technique qui va consister à travailler sur les projets structurés. Mais, c’est les banques qui vont prendre les décisions de financer les projets qui seront rentables.

"Maintenant que le projet d’appui au MIFA –ProMIFA- est lancé, une équipe sera recrutée et si vous voulez faire de l’aviculture, vous présentez votre projet dans le domaine. On va vous aider à structurer, on va vous mettre dans une chaîne de valeur, on soumet votre projet à la banque. Nous, notre rôle c’est de faire en sorte que votre projet soit bancable. Si la banque dit ok, je finance, il y a des produits spécifiques qu’on va adapter", détaille Aristide Agbossoumonde, directeur général de MIFA SA.

Au bout des six années de mise en œuvre, il est prévu que le projet profite à 160.000 membres des coopératives, 100.000 acteurs de la chaîne des valeurs agricoles, 40.000 emplois dont 10.000 auto emplois.

"Nous voulons encourager les institutions financières qui sont les clés de la réussite de tous ces chiffres. Ce sont elles qui en dernier ressort, vont débourser leurs ressources. Ce sont elles qui en dernier ressort vont permettre de traduire l’accès au financement dans les faits pour les jeunes et les femmes ici présents et sur l’ensemble du territoire. Nous aimerons les convier à plus de flexibilité, à plus d’agilité, à plus de disponibilité et à plus de pragmatisme dans les règles qu’elles suivent", plaide Noël Koutéra Bataka, ministre de l’agriculture, de la production animale et halieutique.

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Avec son dispositif de partage des risques, le MIFA rompt avec le modèle ayant cours actuellement en assurant le financement par le secteur privé grâce à une approche intégrée de mitigation des risques du secteur agricole et de l’agro-industrie.

Il s’agit entre autres du développement des produits d’assurance, de l’assistance technique aux différents acteurs, du suivi rapproché, la géolocalisation, des mesures incitatives innovantes, etc.

"L’objectif ciblé est avant tout, d’accroitre massivement le financement pour les acteurs pour faire passer de 0,2% de la part du portefeuille bancaire consacrée au secteur agricole à 5% sur 10 ans mais surtout d’atteindre d’ici 2021, 1.000.000 de personnes, la réduction des taux d’intérêt, la sécurité alimentaire, l’accompagnement technique et financier d’exploitation agricole pouvant permettre de créer plus d’1.000.000 d’emplois", clarifie le ministre.

Les attentes sont nombreuses

Déjà bénéficiaire d’une enveloppe de 17.925.000 de la part du MIFA pour emblaver 35,9ha, la coopérative VEVIEDODO basée dans le canton d’Attitongon (préfecture du Bas-Mono), en veut plus pour mieux faire.

Un panel sur le financement agricole

"Nous avons plus de 200ha à aménager dans la zone. Nous souhaiterions que le MIFA nous amène la mécanisation. Je pense qu’avec ça seul, on peut aller loin", indique Sossou koffi, président de VEVIEDODO.

Depuis qu’il a commencé par acheter du riz auprès des agriculteurs pour revendre, Kossivi Amegadze rencontre un certain nombre de problème qu’il pense que le MIFA à travers le ProMIFA pourrait aider à soulager pour de meilleurs résultats.

"On a beaucoup de difficultés dans le rassemblement du stock, de la logistique parfois sur le plan financier mais avec l’intervention du MIFA, nous voyons qu’il y a certains de nos travaux, de nos charges qui seront délégués à d’autres prestataires", espère Amegadze directeur exécutif de global agri man.

Séduit par les prestations du MIFA, Khalid Yacoubou-Boukari, Directeur des risques à la Bank of Africa (BOA) s’engage au nom de son institution à accompagner tout entrepreneur dont le projet serait soumis par le MIFA.

"Le risque zéro n’existe pas. Mais, le rôle du banquier, est de pouvoir à chaque objet de crédit, mettre en place une structuration qui puisse l’amener à dire je suis en train de prendre un bon risque et qu’à la fin, je serais payé. Je profite de l’occasion pour dire à l’entrepreneur que la Banque of Africa Togo est prête à l’accompagner si le MIFA soumet son dossier pour un financement", confie-t-il.

Pour les assureurs également, le ProMIFA se présente comme une belle opportunité pour essayer d’accompagner tous les acteurs de la chaîne de valeur.

"Dans ce processus dynamique et innovant, il s’agit de voir à tous les niveaux, quels sont les risques encourus par les acteurs du producteur jusqu’au transformateur en passant par tous ceux qui s’occupent du transport et de la conservation du produit parce qu’il y a des risques à tous les niveaux", signale Adoté Akwei, Directeur général de la société de courtage Lorica, spécialisée dans la micro assurance santé et la micro assurance agricole.

Pour l’essentiel, les producteurs sont disposés à produire tant que les moyens sont mis à leur disposition, la banque est disponible pour assurer les moyens tant que la rentabilité du projet est prouvée et qu’à travers le MIFA, le marché est là pour acheter les produit auprès des producteurs.

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ANANI E.

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4 Contribution(s)

  1. Lembomiamona Claude say:

    Bravo missionnaire Isaac et bank of afrika . Aimons Afrika en actes qui transforment des vies!

    01/09/2019 16:30:11
  2. HJN say:

    Ce ne sont que des discours,

    20/07/2019 19:17:00
  3. HOUNSOUNOU Coomlan Boris say:

    Votre commentaire Bonjour et merci à agridigitale pour ses somptueux travaux sur le développement et la modernisation de l'agriculture en Afrique. Je suis un jeune entrepreneur agricole béninois et je produis des ananas Cayenne et pain de sucre. J'aimerais bien savoir les conditions d'éligibilité à ce programme. Merci

    15/07/2019 18:44:25
  4. komla NYADJI say:

    Bonjour. j'aimerais savoir quelle sont les conditions d'éligibilité au dit programme ?

    13/07/2019 12:46:14

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