L'armée au secours de la tomate dans la préfecture des Lacs

Les treize camions convoyés dans la région avaient chacun la capacité de prendre jusqu’à 200 paniers et les consignes étaient de remplir tous les camions. 

Ordre exécuté tel que reçu du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, selon les témoignages des forces de défense et de sécurité (FDS) rencontrées par agridigitale dans la localité. 

Que s’est-il réellement passé pour qu’on en arrive là ?

Le Togo vit une période d’abondance de la tomate. Pour éviter la spéculation et la pourriture de la tomate dans la préfecture des Lacs suite à la fermeture de la frontière Bénin-Nigeria, le chef de l’Etat, selon diverses sources, aurait instruit d’agir au plus vite, en faveur des producteurs.

Généralement, la récolte de tomate a lieu dans la préfecture des Lacs entre les mois de juillet et novembre et les commerçantes Béninoises représentent la plus grande partie de la clientèle des producteurs. 

Opération d'achat dans la région

Débutée effectivement dans la seconde moitié de Juillet, la récolte de cette année a coïncidé avec un évènement malheureux : la fermeture de la frontière Bénin-Nigeria. 

"C’est les Béninoises qui viennent acheter nos tomates qu’elles partent revendre au Nigeria. La dernière fois qu’elles sont venues acheter, elles ne sont pas parvenues à traverser la frontière et elles ne reviennent plus puisqu’elles n’ont pas vendu ce qu’elles avaient acheté. Du coup, on se retrouve avec des quantités énormes de tomates sous les bras or la tomate est un produit périssable", raconte Ekoé Folivi, producteur de tomate rencontré sur son site de production dans le village de Kuenou.

Très rapidement, l’information a été remontée au niveau du ministre de l’agriculture et ensuite au chef de l’Etat qui a vite passé les consignes.

"Conscient que c’est la principale source de revenus de ces populations et voulant à tout prix éviter qu’on arrive à une situation insupportable, le président de la république a ordonné nos chefs militaires de nous dépêcher en urgence dans les champs pour procéder à l’enlèvement de ces tomates auprès des paysans", confie à agridigitale, Colonel Ali, Directeur du Groupement d’achat des forces armées Togolaises (GAFAT).

Lire aussi : Togo : La pénurie de la tomate va s’accentuer

Après trois opérations d’achat effectuées à Aklakou, Atitogon et Anfoin la semaine précédente, le colonel Ali en collaboration avec le directeur préfectoral de l’agriculture a dirigé une autre opération d’enlèvement massif de tomates dans les champs toute la journée du mercredi 28 août.

"Le ministre de l’agriculture m’a mis en contact avec son directeur préfectoral pour qu’il nous oriente vers les plus importants réseaux pour qu’on puisse faire le maximum d’achat. Donc, nous allons faire une grande opération aujourd’hui avec treize camions et nous resterons en contact permanent avec le directeur pour organiser un prochain enlèvement dans deux ou trois jours et ainsi de suite jusqu’à ce que nous remarquions le retour effectif des acteurs traditionnels sur le terrain", planifie le directeur du GAFAT.

À la base, poursuit-il, "nous avons recruté 200 femmes qui s’occupent du traitement et on conditionne ça bien dans des kits plastiques par panier avant de mettre dans des chambres froides pour conservation. Après, les chefs verront ce qu’il faut en faire".

Dans les différentes zones ciblées à savoir Ganavé, Anfoin, Atitigon, Aklakou, Fiokondji, Kuenou, l’opération a pris en compte les maraîchers et les paysans et les prix fixés de commun accord entre le directeur du GAFAT et les producteurs en présence du directeur préfectoral de l’agriculture de la production animale et halieutique des Lacs, Nouboukpo Ekuévi.

"Les rares béninoises qui continuent par venir débarquent avec leurs propres paniers qu’elles remettent aux producteurs et repartent avec un panier rempli de tomate (d’environ 35Kg) contre 300fr. Mais l’armée propose 1000fr. Donc la présence de l’armée va faire que le prix au niveau de ces Béninoises va augmenter", s’en réjouit le directeur préfectoral de l’agriculture.

Un véritable ouf de soulagement pour ces producteurs qui ont pratiquement frôlé la faillite.

"D’autant plus que nos tomates tendaient vers la pourriture et que l’armée sur instruction du chef de l’Etat vienne soulager nos peines en achetant cela, on ne peut que leur remercier", salue Elvis Edorh, porte-parole des maraichers de la préfecture des Lacs.

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Anani E. de retour des Lacs

 

5 Contribution(s)

  1. Brice say:

    C'est salutaire cette prompte réaction du Gouverbement. Quoi faire après ? Je deviné déjà par cette disposition une marche enclenchée vers la transformation de la tomate aldans la région des Lacs. J'apprécie bien l'initiative.

    01/09/2019 06:46:19
  2. NMK say:

    Il faut féliciter le nouveau ministre de l'agriculture, Bataka, pour cette initiative sans précédent. Cela devrait servir d'exemple pour les autres ministres du gouvernement, de veiller soigneusement aux soucis des populations sinistrées. Il y a tant d'autres problèmes de mévente dans d'autres activités... Si seulement cet exercice salutaire pouvait se généraliser et se pérenniser dans l'ensemble de l'économie togolaise, qui souffre depuis de nombreuses années. Cela changerait du matraquage fiscal de l'OTR... Pourvu que cet avis d'economiste soit entendu!

    30/08/2019 17:51:35
  3. citoyen GNADI say:

    L'opération est salutaire. Nous remercions le chef de l'État pour avoir pensée à nous, et a nos parents qui sont nos producteurs. La situation actuelle est une sonnette pour dire que le pay est handicapé par le maque de vraies unites de transformation de cette spéculation. Or le pay a de vrai potentiel de production.

    30/08/2019 08:42:21
  4. Omar Abdoulaye say:

    Bn travail

    30/08/2019 00:27:10
  5. Omar Abdoulaye say:

    Bn travail me forc

    30/08/2019 00:26:31

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