Les produits locaux exposés au marché de Gapé

Jeudi, c'est le grand jour retenu pour les échanges commerciaux à Gapé, un marché qui date de l’époque précoloniale et qui n’est véritablement pas encore un marché digne de ce nom. Des hangars de fortunes couverts de pailles ou de tôles. Des produits exposés à même le sol.

La piste rurale de Tsévié à Gapé

Il est animé par les villageoises et les bonnes dames en provenance de Lomé, Tsévié, Assahoun, Vogan, Atakpamé, etc. Ces dernières sont attirées par le souchet, l’arachide, le maïs, le manioc, l’igname, l’huile de palme, la noix de palme, du sodabi, et des légumes du milieu.

"C’est grâce à ces produits que Gapé est reconnu un peu partout au Togo et à l’extérieur. Mais malgré ça, nous n’en tirons pas vraiment profit", confesse à agridigitale, Doleagbenou Nicolas, président du comité marché de Gapé.

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Préoccupé par les conditions de vie des villageoises, le comité marché essaie de sensibiliser ces dernières sur la nécessité de mettre en place un comité afin  de fixer d’un commun accord les prix de leurs différents produits.

"Jusque-là nos tentatives sont vaines parce qu’elles sont fortement influencées par les bonnes dames qui, non seulement fixent les prix mais s’emparent des bols pour charger les sacs elles-mêmes ; ce qui fait que les femmes se battent au champ pour produire mais elles vivent toujours dans la misère", dénonce-t-il.

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"Si tu les laisses mesurer, de retour à Lomé, ça ne suffit pas et le risque de t’endetter est énorme parce que c’est dans ça qu’il faut enlever toutes les charges. C’est pourquoi si elle refuse de me laisser mesurer par moi-même, je suis capable de repartir", retoque Kové Egnovi, native du milieu et revendeuse au marché d’Akodessewa à Lomé.

Les femmes exposent à même le sol

Selon les témoignages recueillis sur place, le marché se situait à Avédétoé sur une petite superficie avec des hangars construits à l’époque par les Allemands.

Mais à un moment donné, cela n’arrivait plus à contenir les usagers qui débordaient sur la voie. Comme solution, certaines communautés ont mis à disposition une superficie de 10ha à Gnanéti et la préfecture qui perçoit les taxes dans le marché, y a construit 11 hangars mais cela reste insuffisant.

"Si notre marché n’attire plus beaucoup de monde aujourd’hui, il y a deux raisons. D’abord l’insuffisance des hangars pour abriter les gens et ensuite l’état pitoyable des pistes rurales. Les pistes d’Assahoun (34Km) et de Tsévié (24Km) se sont complètement détériorées. Seule celle d’Agbélouvé (12Km) est bonne mais quitter Lomé pour arriver à Agbelouvé (64Km) et parcourir encore 12Km avant d’arriver dans le marché, cela décourage les gens; ce qui fait que les villageoises se retrouvent dans l’obligation de livrer leurs marchandises à vil prix", déplore Doleagbenou.

Presque tous les intervenants estiment qu’il est grand temps que le canton de Gapé soit doté de bonnes pistes rurales et d’un marché moderne digne de ce nom avec des abris et des magasins.

Sur le plan social, quasiment tous les villages ont des écoles primaires, des collèges dans deux sur trois villages et un lycée à Gapé-centre. Il y a également des pompes à motricité humaine dans plusieurs villages mais seul Gapé-centre est connecté au réseau électrique et actuellement, les lampadaires ne sont pas fonctionnels.

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Anani E. de retour de Gapé

1 Contribution(s)

  1. Amen say:

    C'est l'une des localités que le gouvernement ignore. Rien n'est fait pour nos parents caché dans ce troue. Gapé, gapé kpedzi, agnron, bref les villages du zio méritent d'être regardé.

    19/08/2019 11:54:10

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