Vanessa Laubin, directrice fondatrice de Projections, consultante sur le projet GCCA+ Afrique de l’ouest.

"Selon les études, nos Etats auraient besoin d’au-moins 337 milliards de dollars, mais  à peine on a mobilisé 1 milliard. C’est pourquoi, nous essayons de tout mettre en œuvre pour mobiliser les ressources qui d’ailleurs existent déjà", confie à agridigitale, Traoré Sy Alain, directeur agriculture et développement rural à la commission de la Cédéao.

Pour mobiliser ces ressources, il faut d’abord avoir des idées de projet qu’il faut ensuite traduire en document de projet qui servira à convaincre les bailleurs.

La Cédéao ne manque pas d'initiatives climat

Déjà à Paris en 2015, la Cédéao s'est engagée dans une initiative qu'on appelle 4 pour 1000. Ceci a permis de développer un projet agro-écologique pour la communauté.

À ce jour, le projet a mobilisé au total, 16,2 millions d'euros soit 8 millions d'euros auprès de l’agence Française de Développement (AFD) et 8,2 million d'euros auprès de l'Union européenne dans le cadre du 11eme FED (Fonds européen de développement).

"L'une des composantes du projet est de renforcer par exemple les centres de formation pour les jeunes et pour les agriculteurs en utilisant des technologies agricoles adaptées par rapport au changement climatique. Un autre volet va permettre de financer les innovations des communes décentralisées portées par les groupements de paysans et des ONG", précise Traoré.

Par ailleurs, la Cédéao a répondu à un appel d'offre du fonds d'adaptation qui lui a permis d’obtenir avec la Boad (banque ouest africaine de développement), 14 millions de dollars.

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"Nous sommes presque à la phase finale pour soutenir un certain nombre de projets. À côté de ça, il y a des initiatives un peu plus globale où nous formons les négociateurs ouest africains pour négocier dans le cadre des grands fora internationaux sur la question du climat. Nous avons également le projet GCCA+ qui permet d'accompagner institutionnellement, à renforcer les capacités des pays  de mieux assurer la cohérence et la coordination de tout ce qui se fait", poursuit Traoré Sy.

Renforcement de capacité, une nécessité

Aujourd’hui, les exigences qui nécessitent de renforcer la capacité des Etats sont d'une part la conformité avec les dispositions de l'accord de Paris. De l’autre part, faire en sorte que tous les engagements pris dans les contributions déterminées nationales (CDN) puissent être traduits en véritables politiques publiques pour assurer cette mise en œuvre.

"Le renforcement de capacité peut passer par exemple par un accompagnement dans la déclinaison d'une politique publique sur l'agriculture, sur l'élevage, sur les transports, etc." indique Vanessa Laubin, directrice fondatrice de Projections, consultante sur le projet GCCA+ Afrique de l’ouest.

"Quand on parle de changement climatique il y a beaucoup de gens qui ne savent pas de quoi il s’agit. Donc, il faut renforcer leur capacité. Nous avons également les questions règlementaires, les budgets. Aussi, tous ceux qui sont dans nos pays que ce soit les Telecoms, les voitures, les énergies, tout le monde contribue à polluer l'environnement. Donc il faut un mécanisme qui permet à tout ce monde de payer par rapport à leur capacité de pollution de l'environnement", suggère Traoré Sy Alain.

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Anani E.

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