Germain Meba, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCIT) (Image AGD/K.F)

Beaucoup d’avancées sont certes consacrées pour l’amélioration du climat des affaires au Togo et les privés, partenaire de taille pour la mise en œuvre du Plan national de développement (PND). 

A en croire M. Meba, l'implication du secteur privé local à certaines grandes décisions, surtout, sur les dossiers des privatisations en cours (Banques, sociétés d’Etat etc.) a été marginale.

"Et lorsqu'on vous voit privatiser seul sans que nous ne soyons au courant, ça fait mal au cœur et nous nous disons que nous ne jouons pas notre rôle. Il faut qu'on sache pour pouvoir apporter notre contribution, et d’ailleurs il faut qu'on sache que dans cette privatisation, quelle est la part du secteur privé  local; mais nous ne savons pas", a-t-il déploré.

Retour ce vendredi sur les 11 points résumant l’intervention du président de la chambre, une transcription intégrale de www.agridigitale.net.

Point N°1: Fiscalité

Nous saluons l’adoption d'un nouveau code général des impôts et notamment la baisse de l'IS de 1 point (27%). Nous saluons également la simplification de la procédure fiscale et la possibilité de remboursement de la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée).

Cependant, nous encourageons le gouvernement à poursuivre sa révision et son amélioration au mieux des intérêts du secteur privé et de l’État, mais aussi dans la vision du plan national pour le développement (PND).

Le secteur privé a déjà saisi le comité technique avec une liste préliminaire pour des points à revoir notamment le calcul de la patente, l’élargissement de la base taxable, l’augmentation de l'IMF et l'impact des nouveaux taux de l'IRPT et des frais d’hôtel.

Point N°2: Parafiscalité

La multiplication des diverses taxes au niveau des diverses agences et structures de l’État notamment les taxes sanitaires, les frais divers de dossiers dans les ministères techniques, l'agence nationale de gestion de l’environnement, les diverses taxes de publicité et de la municipalité etc. viennent renchérir les frais des entreprises.

Nous proposons la mise en place d'un guichet unique pour plus de sérénité dans le traitement des dossiers et la maitrise de charges.

Point N°3: Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et Office togolais des recettes (OTR)

Les différentes réformes entamées par les deux régies sont à encourager. Mais il serait souhaitable que les actions de recouvrement menées sur le terrain soit dans une démarche d’accompagnement progressive.

Il faut aussi qu'un moratoire soit trouvé sur les vieilles créances et surtout l'abandon des pénalisations parfois excessivement sévères.

Point N°4: Code des investissements et API-ZF

Accélérer l’application du code des investissements et rendre effectivement opérationnel et autonome l'API-ZF pour attirer les investisseurs.

Point N°5: Facteurs de production

Les coûts des facteurs de production énergétique et télécommunication, acquisition des matières premiers demeurent élevés et de faible qualité.

Nous saluons les reformes en cours dans ces secteurs et encourageons leur accélération pour permettre à notre pays d'être le plus compétitif possible dans la sous-région.

Point N°6: Garanties bancaires

La mise en place par le gouvernement d'un système de garanties devant permettre de soutenir le financement de 140 projets bancables retenus lors du forum Togo-UE doit être effectif.

Vous savez très bien que nous avons réussi le forum Togo-UE et à travers cela 140 projets ont été retenus. Que faisons-nous pour que ces 140 projets soient effectifs ou soient financés pour qu'on connaisse la croissance attendue ?

Point N°7: Concurrence déloyale

On est exacerbé par l’absence de structure de contrôle de qualité des produits qui entrent sur le marché togolais.

Nous notons également une prolifération des entreprises fictives et saluons les réformes en cours à l'OTR pour circonscrire la concurrence déloyale que subissent les entreprises locales.

Point N°8: Structures de formation continue

Encourager le gouvernement et le secteur privé à initier des structures de formation orientées vers des métiers et continuer de soutenir l’adéquation entre formation et emploi.

Dans ce cadre, j'aimerais prier monsieur le premier ministre à encourager les initiatives locales du secteur privé car l’État seul ne peut pas juguler cette croissance fulgurante de la jeunesse.

On a des centaines de milliers de jeunes qui obtiennent le baccalauréat et si l’État veut aller dans ce sens, on va devoir attendre longtemps; donc il y a des structures locales qui peuvent aider le gouvernement à atteindre cet objectif.

Point N°9: Développement des régions

Poursuivre la décentralisation en encourageant les entreprises à investir dans les régions à travers des mesures incitatives et de compétitivité.

Point N°10: Consommer produits togolais

Le secteur privé se félicite de la mise en place d'un département ministériel en charge de la consommation locale et encourage cette dernière à multiplier les mesures incitatives protégeant les entreprises nationales, augmenter les taxes sur les produits importés pour rendre les produits Made in Togo compétitifs jusqu’à concurrence de l’absorption de l’offre locale de qualité.

Point N°11: Partenariat public privé

Le secteur privé se félicite de la mise en place par le président de la république d’un cadre de concertation entre l’État et le secteur privé, et encourage le gouvernement pour les actions déjà menées et à venir.

Et pour cela, nous voudrions aussi que dans la privatisation de certaines sociétés, que le secteur privé togolais soit contacté ou saisi pour qu'on puisse jouer notre partition.

Lire aussi : La frustration de Germain Meba

Et lorsqu'on vous voit privatiser seul sans que nous ne soyons au courant, ça fait mal au cœur et nous nous disons que nous ne jouons pas nôtre rôle.

Il faut qu'on sache pour pouvoir apporter notre contribution, et d’ailleurs il faut qu'on sache que dans cette privatisation, quelle est la part du secteur privé  local; mais nous ne savons pas.

Si on ne corrige pas cette manière de faire, alors nous allons dire que le partenariat public privé n'est pas en marche au Togo. Je pense que c'est une erreur très monumentale qui doit être corrigée pour que très prochainement nous puissions agir.

L’exemple de la construction de la centrale KEKELI, nous avons été contactés et nous avons apporté notre contribution.

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F.G

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