L’entrepreneuriat agricole est au cœur de cette stratégie. Pour franchir ce cap, certains impératifs sont à respecter par le gouvernement, selon Edmond Comlan Amoussou, directeur de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) allant dans le sens même de la valorisation de la profession agricole.

Il suggère notamment de repenser le Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques des jeunes (FAIEJ) pour en faire une véritable banque au profit des micro-entrepreneurs. "Le fonds doit bénéficier davantage de dotation financière pour répondre aux attentes des jeunes entrepreneurs", a-t-il recommandé.

Ensuite, il estime que pour faire reculer le chômage, outre les programmes existants, il faudra également rendre opérationnel deux nouvelles initiatives.

Il s’agit selon lui, du programme national d’adaptation aux métiers porteurs pour faire la requalification, la reconversion et l’insertion des jeunes en difficulté d’insertion et un programme de soutien aux investissements.Le programme de soutien aux investissements explique –t-il devra prendre en charge de façon partielle et dégressive la charge salariale pour booster les recrutements dans les secteurs à haut potentiel, dont l’agriculture, l’agro-business.

Edmond Comlan Amoussou est l’invité mardi d’Agridigitale.

Par région, une cartographie des métiers porteurs est élaborée par l’ANPE avec l’appui de la Giz. Est-ce déjà un début de solution ?

Edmond Comlan Amoussou : C'est une étude (analyse sectorielle) qui qui permet d'avoir une meilleure connaissance de notre territoire, (6 villes partenaires a la GIZ à savoir Tsévié, Kpalimé, Atakpamé, Sokode, Kara et Dapaong) afin d'apporter des solutions idoines.

Elle nous permet de connaitre les métiers porteurs et métiers émergents pour mieux orienter les jeunes de ces territoires, connaitre les activités en difficulté pour les coacher et les accompagner. C'est un début de solution.

Cette étude est en cours de réalisation encore cette année.

Que faire pour valoriser la profession agricole ?

Edmond Comlan Amoussou : Il s’agit d’appuyer le secteur agricole (technique, financier, matériel, humain) pour sa modernisation. Citons l’exemple de la  mise à disposition d’outils de production comme les tracteurs, les semences améliorées, l’augmentation des prêts bancaires dans le secteur.

Il faudra également attirer plus d’investissement dans le secteur en créant les conditions pouvant faciliter cela. La création des zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP) est un exemple.

La mise en place des pôles de développement agricole communément appelés agropole pour regrouper les différentes chaines de valeur et ainsi fédérer les actions dans le secteur est aussi une solution viable retenue dans la stratégie de développement agricole du Togo horizon 2020.

Le renforcement des capacités des acteurs du secteur agricole pour l’amélioration de la productivité dans le domaine de la gestion des entreprises agricoles, dans la transformation des produits et sous- produits afin d’augmenter les revenus générés par les professionnels du secteur et les actions précitées peuvent  donner plus de valeur  et améliorer l’image  de cette profession

Quelques points clés à retenir. Il s’agira de développer l'entrepreneuriat agricole, poursuivre les programmes agricoles pour la soutenir, mécaniser de l'agriculture pour réduire la pénibilité du travail agricole et enfin revoir la politique des prix de vente des produits agricoles.

Mots-clés :

Votre avis