Porte de l'usine de Yelivo fermée depuis plusieurs mois déjà

Inaugurée le 21 janvier 2017 par le Président Togolais, Faure Gnassingbé, l’usine de transformation de soja et d’arachide de Yelivo dans la préfecture de Tchaoudjo (région centrale) est fermée depuis plusieurs mois, a constaté Agridigitale.

Tenez-vous bien !

Destinée à transformer du soja et de l’arachide en huile raffinée et tourteau, cette initiative fut bien partie pour impacter la zone d’installation du projet et l’économie du pays.

3 à 6 mille tonnes de produits agricoles transformés par an et provenant de 4 différentes localités du pays ; 3 à 10 mille producteurs touchés ; 200 emplois temporaires et 50 permanents.

Vu les impacts prévus lors de la conception du projet, on ne peut refuser à un projet aussi social que le PASA (Projet d’Appui au Secteur Agricole), de ne pas investir 181 millions de F.cfa, soit 94% du coût total qui revenait à 193 millions.

18 mois après l’inauguration, où en est-on ?

L’usine a été effectivement installée et de par la route (Sokodé-Tchamba) on peut bien voir un bâtiment présent à cet endroit. Seulement, pas de mouvements semblables à ceux autour d’une usine qui a recruté 50 employés permanents.

Selon plusieurs témoignages, la matière première est bien stockée. L’inactivité de l’Esop huile de Sokodé serait due à une panne de machines. Aux dernières nouvelles, la pièce défectueuse serait acquise  mais pas toujours changée.

193 millions de F cfa en jachère jusqu’à quand ?

L’huilerie de Yélivo aussi bien qu’elle devait impacter positivement la préfecture et le Togo dans ses activités impacte négativement la cible du projet dans son inactivité.

A l’heure où plusieurs projets sont encore en attente de financement, 193 millions de F.cfa venant de l’Etat via la Banque Mondiale et des actionnaires de l’huilerie sont toujours en jachère, l’on ne sait jusqu’à quand !

A côté, les actionnaires et les 10 mille producteurs à qui le projet devrait apporter un profit et améliorer leurs conditions de vie attendent toujours la sortie de la première bouteille d’huile de Yélivo pour étancher leur soif.

Vivement que les acteurs puissent trouver une solution le plutôt possible pour ouvrir le robinet aux actionnaires de l’huilerie de Yélivo et faire vivre la saveur du made in Togo.

L’investissement dans le secteur agricole ne doit plus être une source de déception mais plutôt une preuve du contraire pour ceux qui ont toujours clamé haut et fort, la non maîtrise du risque dans le secteur.

Sans quoi, il serait mieux de donner raison aux institutions financières qui s’en lavent les mains.

Fiche technique du projet

L’huilerie de Sokodé est conçue pour être alimentée par 4 ESOP soja (Entreprises de Services et Organisation des Producteurs) implantées dans les préfectures de Dankpen, Tandjouare, Anié (Nyamassila) et Tchamba (Kaboli) et par l’ESOP arachide basée à Bassar.

Capacité de production : 3 000 tonnes par an jusqu’en 2019 et 6 000 tonnes à partir de 2020.

Objectif : Augmenter et sécuriser durablement le revenu de 10000 producteurs en leur garantissant des débouchés ; contribuer à l’établissement d’un partenariat entre producteurs organisés, transformateurs et commerçants de produits.

Cible : Toucher de 2017 à 2020, 3000 à 10 000 producteurs avec 50 emplois permanents et 200 emplois temporaires.

Coût : 193 millions de FCFA.  L’ESOP huile de Sokodé est financée à hauteur de 181 millions de FCFA, soit à 94 % par le PASA.

Impacts : augmentation et sécurisation du revenu de 10 000 producteurs dont 40 % de femmes; distribution d’1,8 milliards de FCFA aux producteurs entre 2017 et 2019 correspondant à la valeur des ventes de soja et d’arachide par ceux-ci à l’ESOP ; création de 250 emplois stables et rémunérateurs pour les jeunes; valorisation des produits agricoles.

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