Ces derniers pour la plupart ne disposant de moyens pour la conception, importent du matériel agricole pour leurs besoins dans les différentes activités agricoles. Même ceux qui fabriquent ou montent leurs propres matériels agricoles l’utilisent pour les activités agricoles dans le pays.

Afin de mieux appréhender le rôle du machiniste et son importance dans le développement du secteur agricole, Agridigitale s’est approché mardi du Docteur  Toyi MOUZOU, enseignant-chercheur, chef de département du Génie Rural machinisme agricole, à l’Ecole Supérieure d’Agronomie de l’Université de Lomé au Togo.

A cœur ouvert, Docteur Mouzou à partager ses 30 ans d’expérience dans la recherche sur la mécanisation de l’agriculture en général et le machinisme agricole en particulier.

C’est quoi un machiniste ?

On appelle machiniste, cette personne qui a poursuivi ses études universitaires en mécanique agricole avec une spécialisation en machinisme. Un mécanicien agricole est en quelques sortes la résultante d’un mécanicien qui n’a pas de notions en agriculture et un agronome qui n’a pas de base solide en mécanique. Le machiniste, c’est lui qui maîtrise l’utilisation, l’entretien et la maintenance du matériel agricole.

En quoi le machiniste peut-il être serviable au monde agricole ?

Le machiniste doit être en mesure d’éclairer tout acteur dans le choix d’un matériel agricole et sa rentabilité. L’intervention du machiniste dans l’utilisation du matériel agricole a deux aspects. Le premier concerne la production agricole. C’est le cas par exemple  d’une bonne dame qui compte produire du maïs sur une superficie donnée et demande conseil pour le choix du matériel adéquat.

A part la production, on peut acquérir du matériel pour des prestations de service. C’est le cas aussi d’un athlète qui compte monter une entreprise de prestation de service en agriculture et il demande s’il faut investir ou épargner.

Quel type de matériel agricole le Togo a alors besoin

C’est possible de déterminer d’avance le type de matériel agricole pour un besoin donné mais cela se fait après une étude de plusieurs paramètres. Un tracteur par exemple pris au nord dans la région des savanes est trois fois moins rentable dans un même délai que ce même tracteur acquis dans le Kloto, à cause de la pluviométrie et d’autres facteurs.

Le Togo dispose-t-il suffisamment de machinistes ?

La sous-région en général souffre d’un manque de machinistes et de l’utilisation rationnelle de l’existant. Dans le cadre des formations en mécanisation agricole, la plupart se sont orientés vers la mécanique agricole. Au Togo, seulement 2 cadres sur 10 formés en mécanisation agricole sont machinistes. 

En plus, le Togo ne forme pas encore des mécaniciens agricoles. Il y a une initiative de formation en cours à l’Institut Supérieur des Métiers Agricoles de l’Université de Kara. Toutefois les ingénieurs agronomes et autres cadres formés à l’Ecole supérieur d’Agronomie de l’Université de Lomé et qui interviennent dans la mécanisation sont comparables à des secouristes. Ils peuvent intervenir de façon partielle dans l’utilisation du matériel agricole.

Votre analyse sur  l’évolution de la mécanisation agricole au Togo ?

Je peux dire qu’après la révolution verte en 1977, les travaux agricoles ont demeuré manuels avant qu’on assiste tout dernièrement à l’augmentation du nombre de matériels agricoles dans le pays. Même si le nombre de matériels agricoles a augmenté, s’il faut faire le ratio avec la population qui aussi augmente, on peut parler d’une stagnation.

En plus, on peut compter jusqu’à 9 activités agricoles pour une production agricole donnée, mais les producteurs ne disposent pas de tout le matériel pour exécuter toutes ces activités agricoles. Pour la plupart, la mécanisation se limite aux tracteurs et leurs charrues. 

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