La radiographie très utile pour le médecin vétérinaire

La complexité des recherches sur la problématique fait désister beaucoup et c’est sur ça qu’un jeune chercheur togolais, Docteur vétérinaire et enseignant à l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar (EISMV) se penche depuis plusieurs mois.  

Il s’agit de Dieudonné KABKIA, seul à mener les travaux de recherche dans ce domaine. Ses recherches sont encadrées par Pr Marion FUSELIER de l’Ecole Vétérinaire de Nantes (France) ; Pr Lantam SONHAYE du Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio de Lomé (Togo) et d’autres à EISMV de Dakar (Sénégal) en charge du suivi.

En quoi consiste la radiographie vétérinaire ?

La radiographie chez les animaux est très importante pour aider le médecin vétérinaire à pouvoir détecter des pathologies qui peuvent atteindre les appareils des animaux et de suivre l’évolution d’un traitement en cours.

Dr KABKIA expose ses résultats à Dakar

C’est d’ailleurs une modalité diagnostique conseillée par l’Organisation Mondiale de la Santé Animale pour le diagnostic de différentes pathologies notamment les zoonoses comme la Tuberculose chez les carnivores domestiques.

Les carnivores domestiques, parfaitement sensibles aux bacilles tuberculeux, représentent une source pérenne et parfois un relais interhumain dont l'importance relative va croissant.

Ils sont une source d'infection et donc un révélateur d'une infection humaine évoluant à bas bruit. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’épidémie mondiale tue au moins 600 personnes par jour en Afrique. Parmi ces victimes, 80 % sont âgés entre 15 et 49 ans.

Le pire est à venir en l’an 2020, si l’on en croit l’OMS qui prévoit 35 millions de décès des suites de la tuberculose.

La situation est plus dramatique quand on sait que le nombre de personnes qui souffrent de la maladie est croissant. Ainsi, on dépiste chaque année 1,5 million de nouveaux cas de tuberculose en Afrique.

Le vétérinaire doit cependant toujours veiller à ce que les carnivores ne servent pas de relais épidémiologique secondaire dans un foyer de tuberculose, qu’il soit animal ou humain.

Le diagnostic de la tuberculose des carnivores est extrêmement difficile à poser. La radiographie facilite généralement le diagnostic de cette pathologie chez les carnivores domestiques.

Les journées scientifiques du cinquantenaire de l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar cette semaine ont été l’occasion pour Dr KABKIA de livrer un guide de pratique et d’interprétation des clichés radiographiques riches en schémas légendés et en clichés radiographiques à la communauté scientifique, aux médecins vétérinaires cliniciens et à l’Unité de radiologie de l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaire de Dakar.

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Outre les travaux sur la radiographie vétérinaire, Dr KABKIA travaille également sur le projet de Traçabilité des animaux domestiques dans le cadre du programme Global Health Security Agenda (GHSA) piloté par la primature du Sénégal.

Lancé en février 2014,  le GHSA constitue un partenariat croissant de plus de 64 pays dont le Sénégal, organisations internationales et parties prenantes non gouvernementales.

Il vise à aider les pays à renforcer leur capacité à contribuer à la création d'un monde protégé contre les menaces et les maladies infectieuses et de faire de la sécurité sanitaire mondiale une priorité nationale et mondiale.

Le Sénégal  fait aujourd’hui office de modèle dans les pays prenant part au GHSA. Il a créé une Task Force à la Primature du Sénégal en 2015, créé un Centre des Urgences en 2014, réalisé les évaluations des services vétérinaire et des services de santé en 2016, et créé un Haut Conseil de la Sécurité Sanitaire Mondiale le 11 décembre 2017.

1 Contribution(s)

  1. Professeur Zekiba Tarnagda say:

    Félicitation et bravo. Tout à fait, chaque animal doit être identifié, ce sera son passeport. Cela est fondamental pour la mise en oeuvre du "One Health" "Une seule santé ". Une identification des animaux aidera à mieux lutter contre les zoonoses, les résistances aux antimicrobiens, l'insécurité sanitaire des aliments et les perturbateurs endocriniens.

    02/12/2018 19:15:13

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