Le Sénégalais Assane Mar avec l'épi de maïs robuste

"J'ai été très impressionné d'avoir vu l’épi de maïs très robuste avec de la taille et des graines consistantes. Le rendement est impressionnant.  Ça me donne l'inspiration d'entrer dans l'agriculture parce qu’avec ça, on peut s'attendre à des résultats très spectaculaires", a confié Assane Mar.

Ancien mécanicien, un touche à tout, Assane et sa femme Kine résident depuis un an déjà à Lomé et cherchent par tous les moyens à créer une ferme agricole, à expérimenter les technologies en matière de haut rendement et à transporter ce savoir-faire dans leur pays, le Sénégal.

"Ce que je voudrais dans un premier temps, c'est d'expérimenter ici au Togo cette technologie, trouver un terrain où je peux expérimenter le maïs, le manioc et le soja. Je voudrais apprendre avant d'aller lancer chez moi. Ensuite, je vais transposer cette expertise au Sénégal", a-t-il indiqué.

Et ce savoir-faire est développé par l’ONG AGIDE qui a fabriqué des insecticides et fertilisants à base de champignons qui facilitent l'engraissement des plantes et leur développement.

Kossi Agbalenyo, Biologiste, spécialiste en écologie appliquée et coordonnateur de l’ONG a expliqué à Agridigitale qu’avec ces produits faits à base du champignon, le rendement à l’hectare du maïs seul peut avoisiner 4 à 5 tonnes.

Une invention qui suscite la curiosité du milieu de la recherche, des étudiants, visiteurs et simples curieux.

Parmi ces curieux, Assane et sa femme rencontrés à Davié (20 km au nord de Lomé) par une équipe du journal Agridigitale.

L’agriculture au Sénégal

Il pleut plus au sud et au nord qu'au centre. Il n'y a pas d'arbres au centre. Tu ne peux pas faire pousser des orangers ou des citronniers... 

Chez nous, l'agriculture se pratique en milieu rural. C'est une activité secondaire.

Je peux dire que les problèmes d'eau et de matériels agricoles tels que les engins qui coûtent chers, font que ce sont les grands fonctionnaires ou les chefs religieux qui pratiquent l'agriculture à grande échelle parce que ça nécessite beaucoup de moyens.

Les produits de l’agriculture sénégalaise sont l'arachide en premier, ensuite le mil que nous exportons et le riz aussi qui a  un bon rendement.

Nous avons également le maïs et le manioc mais, eux, ne sont pas produits à grande échelle.

Qu’allez-vous faire alors ?

D’abord, je vais me servir des produits à base du champignon pour avoir un verger chez moi au centre du Sénégal pour montrer aux gens que c'est possible.

Ensuite, je vais les faire adopter dans l'agriculture à grande échelle. Je suis persuadé que si on introduit ces produits dans l’agriculture sénégalaise, le rendement serait meilleur et on conserverait le sol. 

Au Sénégal, il ne pleut pas beaucoup. Les sols sont dégradés et les rendements sont moindres. Surtout au centre du pays où les arbres sont rares, ces produits permettront de faire pousser des arbres. L’expérimentation va commencer par mes plantations puis avec la réussite, on va l’étendre à d’autres régions du pays.

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