« Il joue un rôle important dans la planification de toute activité agricole dans le sens de fournir peu d’effort physique ou financier et maximiser de profit d’où son importance dans le développement du secteur agricole », explique Komlan Agbo, membre de la commission des affaires agricoles à l’Assemblée Nationale du Togo.

Contrôleur des travaux d’enquêtes et statistiques agricoles, chef division régional de programmation et de planification agricole, M. Agbo, livre ses expériences sur la profession à agridigitale.

«Un agronome, un entrepreneur agricole ou un agriculteur doit solliciter les services d’un agroéconomiste s’il veut bien réussir son projet», a-t-il suggéré.

Trilogie : Résultat-Effet-Impact

Un agriculteur, un agronome, une société ou  un Etat élabore sa politique agricole qui n’est autre que son plan pour développer son agriculture. A l’intérieur du plan, se trouve les programmes, les projets, les actions à mener déclinées en activités, les moyens à mettre en œuvre (moyens humain, matériel et financier).

Alors, l’agroéconomiste est sollicité à toutes les étapes de réalisation du programme ou du projet à savoir : l’élaboration ou étude du projet, la recherche des indicateurs objectivement vérifiables qui vont permettre de mesurer les résultats escomptés à travers les travaux de suivi et de l’évaluation du projet.

On parlera de résultat, effet, impact. Donc l’agroéconomiste planifie et met en place le projet (avant, au cours de l’exécution et après). Tout projet bien construit est bancable et donc trouve nécessairement de financement.

Savant mélange du savoir-faire et du terrain

On est agroéconomiste après une formation. Donc on acquiert le savoir à l’école mais c’est sur le terrain qu’on cultive la connaissance. Le vrai agroéconomiste commence cette formation en première année universitaire -qui n’existe pas au Togo pour le moment- mais beaucoup prennent option agroéconomiste à partir de la quatrième année universitaire.

Potentialités importantes, pauvreté endémique 

Pour sortir de la pauvreté, les acteurs du monde agricole au Togo et en Afrique doivent  aimer le travail de la terre. Si quelqu’un n’aime pas le métier qu’il exerce, vous pouvez apporter toute aide, celui-là ne peut pas évoluer d’un pas dans sa vie professionnelle.

Preuve, parmi la population dite pauvre, on trouve les gens immensément riches qui embauchent les agronomes bien qualifiés. Il faut aussi fixer les objectifs à atteindre. Rares sont les agriculteurs qui savent en début d’année ce qu’ils veulent produire ; pourquoi vouloir faire cette culture et non l’autre ; quelle quantité faut-il produire, comment le faire ?…

Avoir aussi la volonté de quitter la misère. Beaucoup de nos populations n’aiment pas la vérité qui demande un effort mais plutôt le mensonge. Alors, elles aiment rester dans l’apitoiement pour que l’aide vienne de quelque part en accusant surtout l’Etat.

Il faut maîtriser l’eau ; avoir chez soi de petites retenues d’eau ou puits pour produire ne serait-ce qu’une quantité raisonnable de nourritures tout au long de l’année sans attendre la pluie qui doit tomber d’abord.

C’est lorsque ce désir de se développer naît en quelqu’un qu’on peut l’aider à mieux se développer. Mais beaucoup sont encore au stade de la manne qui tombe. Entre le lézard et le crapaud, il est préférable d’aider le lézard d’aller chercher les fourmis sur l’arbre d’en face car le contraire, c’est tuer le crapaud qui tomberait de cet arbre sur une pierre.

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