Kwoami Dovi, ingénieur génie sanitaire

Le ministère togolais de la santé, reconnaît avec prudence que le problème de toxi-infection alimentaire est bien réel alertant que le système d’information sanitaire du pays n’arrive pas encore à documenter ces cas.

"Aujourd’hui, il n’y a pas de statistiques pour dire que telle proportion de la population est exposée ou a succombé à telle infection alimentaire. Pour collecter ces informations, il faut certains indicateurs. Heureusement, nous avons le projet REDISSE qui est en train de mettre en place la surveillance des maladies," signale Kwoami Dovi, ingénieur génie sanitaire et environnement, chef division du contrôle et de l’inspection sanitaire au ministère de la santé.

Conscient qu’il y a des produits qui arrivent sur le marché et qui échappent au service de contrôle régalien, M. Dovi en appelle à tous les consommateurs d’avoir le bon réflexe en vérifiant à leur niveau, le couple, dates et conditions de conservation.

Parlant des dates, on a la date limite de consommation, caractérisée par la 'mention à consommer jusqu’au'. Dans ce cas, cela veut dire que l'on est en face d’un produit micro biologiquement périssable. Et ces produits, lorsqu’on les consomme après la date limite de consommation, on est exposé aux risques de maladies alimentaires qui sont de trois types.

Il y a les intoxications (provenant des produits chimiques), les toxi-infections alimentaires et les intoxinations (provenant tous de la biologie et de la micro biologie).

"Les toxi-infections alimentaires viennent des denrées alimentaires dans lesquelles on retrouve les micros organismes et leurs toxines et lorsqu’on les consomme, on est exposé à des maladies comme la fièvre typhoïde. Dans le cas des intoxinations, lorsqu’on manipule des denrées alimentaires avec une main qui présente des plaies, on peut contaminer ces aliments," clarifie l’ingénieur génie sanitaire.

Les produits éligibles dans cette catégorie sont les produits laitiers, la viande, le poisson, les œufs, les légumes et fruits épluchés et conditionnés en sachet.

Outre la date limite de consommation, il y a la date limite d’utilisation optimale qu’on appelle encore la date de durabilité minimum et qui est caractérisée par la mention à consommer de préférence, à consommer avant ou à consommer avant fin. 

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Dans le cas d'espèce, il faut comprendre tout simplement que c’est un produit stable sur le plan bactériologique. 

"Ça signifie que lorsque cette date est dépassée, sur le plan sanitaire, le consommateur n’est pas exposé à des effets immédiats mais, le produit perd de ses qualités organoleptiques comme la couleur, la saveur," explique M. Dovi.

Les produits éligibles à ce niveau sont entre autres : le café, les biscuits, le riz non cuisiné, les fruits et légumes non épluchés, les liqueurs, les vins, le vinaigre, les boissons fermentées à base de raisin, les boissons dont le taux d’alcool dépasse 10%, le sel de cuisine, les produits de pâtisserie et de boulangerie.

La température à vérifier !

L’autre aspect du suivi de la qualité des aliments, ce sont les mesures de conservation en occurrence, la température.

"La conservation des produits très périssables se fait souvent entre 0 et 4°. Mais, lorsque le produit n’est pas très périssable, on peut les conserver entre 0 et 8°. Donc, si vous voyez un produit sur lequel on a écrit à conserver à 8° et le produit est vendu dans des conditions qui dépassent ce degré, ça doit normalement attirer votre attention,"  exhorte l’expert.

REDISSE va changer les donnes

Financé par la Banque Mondiale à hauteur de 10,5 milliards de francs CFA, le projet Régional de Renforcement du Système de Surveillance des maladies au Togo (REDISSE) est un projet conjointement piloté par les ministères de la Santé et celui de l’Agriculture.

Lancé à Lomé le 1er Février 2018 pour prendre fin le 31 Août 2023, il a pour principal objectif de remédier aux faiblesses des systèmes sanitaires humain et animal qui entravent la surveillance et la riposte efficace des maladies.

"Dès que ce sera fait, on peut collecter des données  à partir de là pour alimenter la base de données," espère Kwoami Dovi. En entendant qu'on en arrive là, il est du devoir de chaque consommateur de s’impliquer dans le contrôle des aliments qu’il prend sur le marché.

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ANANI E.

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