L’accès au financement dans le secteur agricole ne sera plus un obstacle du développement du secteur au Togo. Etant l’un des obstacles majeurs et conditionnant les autres freins au développement du secteur, le gouvernement vient donc à travers le fonds TIRSAL mettre une croix sur ce problème que pendant longtemps il a essayé de résoudre par plusieurs options en vain.

Du CNCA au PNPER 

De la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA), première initiative du financement agricole ayant marqué le monde agricole togolais soldé par un échec au Programme National de Promotion de l’Entrepreneuriat Rural (PNPER), la dernière toujours en cours, le producteur  d’une part et le gouvernement togolais d’autre part n’ont pas eu gain de cause commune dans les systèmes de financement mise en place. Les fonds compétitifs, le warrantage, la subvention et bien d’autres moyens ont soit été à courte durée ou éliminatoires.

Le principe "Ça coule, nous coulons tous"

TIRSAL trouve sa force majeure dans le partage du risque du financement. Banques et établissements financiers, compagnies d’assurances, Etat togolais, emprunteurs et autres agences partenaires sont tous impliqués dans l’engagement des fonds pour quel projet que ce soit financé par le fonds TIRSAL.

La mise en place des bureaux de crédits agricoles dans les banques, les TIC, les politiques incitatives et autres services connexes seront disponibles pour assurer la facilitation du financement des chaînes de valeurs agricoles.

TIRSAL, demi-frère de NIRSAL

TIRSAL n’est pas la première dans la sous-région ouest africaine. Le projet a été déjà expérimenté au Nigéria en 2011 sous la dénomination Nigerian Incentive-based Risk Sharing System for Agricultural Lending (NIRSAL). En décembre 2017, on compte au Nigéria, 631 projets garantis notamment dans les chaînes de valeur intrants agricoles, mécanisation, production et distribution, 185 mille producteurs agricoles formés et 25 états fédéraux touchés.

Au Togo, près d’un million d’agriculteurs seront impactés par TIRSAL. Pour l’instant, les chaînes de valeur Maïs et Riz sont prioritaires.

Mardi, une délégation des experts du NIRSAL séjourne à Lomé pour former les cadres du ministère en charge de l’agriculture et de l’élevage sur les stratégies de communication et de marketing. Il s’agit pour le gouvernement de réussir tous les ingrédients pour réussir cet ambitieux projet qui sera doté d’un budget de départ de 100 millions d’euros.

L’animatrice de la formation, représentante du NIRSAL, Diane Okoko a invité les cadres du ministère et tous les acteurs du programme à travailler d’arrache-pied pour sa réussite.

Contraintes liées au financement dans le secteur agricole

Le partenariat entre les institutions financières et le monde agricole demeure un mythe dans presque tous les pays. Pour les banques, il est plus souhaitable d’investir dans l’immobilier et l’équipement que de faire confiance à une activité que d’aucun ne maîtrise tous les contours.

Il est donc cité et vérifié que le secteur agricole souffre d’une gestion efficace du foncier, d’un manque de garantie, d’un coût de financement disponible qui n’est pas à la portée des acteurs.

Des initiatives telles que le TIRSAL, si elles sont effectives au Togo, sont à saluer et à multiplier pour l’aboutissement d’un monde rural épanoui. Le financement du secteur agricole par les banques en 2017 est de 0,2% et le gouvernement compte passer à 5% dans les dix prochaines années avec ce programme.

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