8 balais à 50 F cfa l’unité, soit 400 F cfa le montant maximum du chiffre d’affaire que peut faire la vieille Tchilalo sur la commercialisation des balais qu’elle transporte dans une bassine.  Pour y arriver, il faut parcourir en tout 16 km dans la journée.  Eh bien, elle n’a pas le choix.  Si elle ne le fait pas, qui va la prendre en charge.

«Je n’ai plus d’enfants et personne n’est à mes côtés.

Les nervures de palmiers à huile qui me servent de matières premières, c’est un jeune du quartier qui me les cherche», raconte-elle à Agridigitale.

A côté des balais en vente, se trouve une petite quantité de noix de palme déjà cassée qu’elle mettra sur le marché et dont le coût n’atteindra pas 500 Fcfa. Le soir, à la fin de ses activités, Tchilalo pourra s’en sortir avec 700 Fcfa (l’équivalent d’1 euro) au maximum si elle arrive à livrer toutes ses marchandises.

Ce montant est bien le budget de la semaine en nourriture. Déjà la vieille dame a en programme, du savon et des condiments pour la cuisine de la semaine, sûrement une calebasse de boisson locale pour tenir la route au retour et garder le bon souvenir du marché et s’il en reste, on en ramène à la maison en attendant de voir quoi en faire. 

Plusieurs personnes du troisième âge en milieu rural finissent avec une vie misérable qui les conduit dans leurs tombes. Pour la plupart vivant surtout du secteur agricole, avec le système de « la vie au jour le jour », l’invalidité finit par les rattraper et les immobiliser. Pour ceux qui ont une progéniture, ils deviennent une charge pour celle-ci. Dans le cas contraire, soit on est obligé de se battre pour allonger sa longévité comme le fait Tchilalo, ou attendre son dernier souffle.

Il est donc important pour les acteurs, décideurs et bailleurs de fonds du monde rural de promouvoir la professionnalisation du secteur agricole et l’organisation du secteur informel pour l’amélioration des conditions de vie et la protection sociale du monde rural.

Mots-clés :

Votre avis