Ranimer les chambres d'agriculture devient un impératif

Depuis que la loi N° 97-12 du 9 Juillet 1997 portant création, organisation et fonctionnement des chambres d’agriculture a été prise en 1997 et modifiée par la loi N°2011-013 en 2011, ce n’est qu’en Mars 2019 que le décret N°2019-034/PR de sa mise en application a été pris.

"Notre souci aujourd’hui, c’est que l’Etat nous accompagne à convaincre les partenaires pour qu’on ait un financement de 65 millions CFA pour renouveler les organes. Concrètement, cette somme va servir à animer au niveau des villages, des cantons et des préfectures pour pouvoir désigner les représentants des organisations paysannes et les représentants des producteurs individuels et qu’on puisse vraiment assoir ces élus pour qu’ils puissent arriver au niveau régional pour avoir le conseil permanent au niveau national", plaide Ewovi Kêbi, vice-président du conseil permanent des chambres d’agricultures du Togo.

Quand on prend l’organigramme des chambres d’agriculture au Togo, on se rend compte qu’elles sont représentées depuis le village jusqu’au niveau national en passant par les cantons, les préfectures et les régions.

Mais, force est de constater que ces chambres et leurs membres sont malheureusement méconnus du grand public et surtout de ceux qu’ils sont censés représentés.

"Je sais qu’elles sont créées par décret mais je n’ai aucune idée de leur composition et fonctionnement. En plus, elles ne sont pas vraiment dynamiques. C’est quand l’Etat a besoin d’eux ou bien il y a des réunions qu’on les invite. Ce qui fait que nous ne nous sentons pas très lier avec les chambres d’agriculture", renseigne Kadzakade Komlan Pussuwe, président région centrale de la Coordination Régionale des Organisations Paysannes des Producteurs Agricoles (CROPPA).

"Moi je ne connais que leur président national et son adjoint que je retrouve souvent dans les ateliers et forums mais ils ne sont pratiquement pas existant sur le terrain et je ne sais pas exactement où se trouve leur bureau ici dans la région de la Kara", renchérit Pya-Abalo Amana, Coordonnateur de la chaîne des producteurs agricoles de Kara (CPAK).

Le Niger, un très bon exemple

Selon divers acteurs du monde agricole, les "chambres régionales d’agriculture du Togo n’existent que de nom". Les principaux acteurs interrogés relatent  que les producteurs ne savent pas ce que ces chambres peuvent faire alors que dans d’autres pays, comme au Niger, elles fonctionnent bien.

Au Niger par exemple, le Réseau des chambres d’agriculture du Niger (RECA) est un établissement public à caractère professionnel qui représente l’ensemble de la profession agricole (agro sylvo pastoral) du Niger.

Très dynamique, le réseau défend les intérêts des producteurs ruraux et joue un rôle d’interface entre les organisations paysannes et les pouvoirs publics ainsi qu’avec les partenaires au développement.

Il facilite l’accès aux conseils et aux ressources concernant les politiques agricoles, la gestion d’exploitation, le foncier, les filières végétales et animales, l’hydraulique.

Le site web du RECA intègre une base de données très riche en documents officiels, bulletins d’informations et notes techniques sur ces domaines. Bref, des mines d’information pour l’ensemble de la profession agricole.

Allez vers une chambre d’innovation

"Si le Togo clame sa vocation d’être un pays essentiellement agricole, les chambres d’agriculture doivent être redynamisées", recommande un spécialiste de la question.

Pour lui, l’Etat peut même envisager un changement de dénomination en optant pour les "chambres d’innovation et d’intelligence agricole".

Ses missions selon divers spécialistes seront entre autres : disposer d’un site web dynamique consacré à l’information agricole, faire la veille stratégique, promouvoir l’agriculture à travers les salons et foires, développer un business agricole via le tourisme d’affaires et les ambassades, avoir un conseil d’administratif dynamique,  etc.

Les recettes pour la chambre peuvent provenir des quitus vendus aux restaurateurs, des sociétés de vente de matériels agricoles, des autorisations d’installation de fermes agricoles, des commerçants de produits agricoles etc.

Autant de possibilités qui s’offrent pour redynamiser la chambre d’agriculture du Togo par un accompagnement rigoureux de consultants pour au moins trois ans.

La suite du dossier sur les chambres d’agriculture à découvrir bientôt.

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ANANI E.

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