Le jeune sénégalais de Dagana (premier à droite sur la photo), ville située dans la basse vallée du fleuve Sénégal, s’est beaucoup inspiré de son grand-père, agriculteur puis, de son père, qui l’a convaincu, à se lancer dans l’agriculture.

"Aujourd’hui, je ne regrette rien", a-t-il lancé dans cet entretien au journal Agridigitale.

"A l’endroit de la jeunesse africaine, j’affirme que l'avenir est en Afrique. J'ai eu la chance de beaucoup voyager et de voir comment aujourd'hui, les personnes veulent venir investir en Afrique.  Donc si tout le monde veut le faire, c'est qu'il y a une raison", confie M.Sarr. 

D’abord, comment se porte l'agriculture au Sénégal?

Il y a quelques années, le secteur de l’agriculture au Sénégal, était à un niveau pas très reluisant.

Cependant, depuis 3 ou 4 ans, l'État Sénégalais, via le Plan Sénégal Emergeant du président Macky Sall, a beaucoup investi dans le secteur, pour aider notamment les jeunes à se lancer dans l'agriculture.

J'ai saisi personnellement cette occasion et au plus vite, je me suis lancé dans la culture maraîchère, à l’occurrence la tomate.

Au tout début, j’improvisais presque tout, mais aujourd’hui, je suis devenu plus qu’un expert dans le domaine.

Outre la tomate, je fais aussi du riz, du gombo, du piment sur mes exploitations à Saint Louis et à Dagana.

Déjà,  les premières retombées ?

La première chose, c’est la satisfaction morale.  Toutes les fois que nous prenons conscience que nous arrivons à produire et à être utile à la communauté, c’est déjà une source de satisfaction.

Ensuite, notre utilité dans la société est plus qu’importante dans la mesure où nous  vendons une partie de nos productions en riz.

On aide la population à aller vers ce qu'on  appelle aujourd'hui l'autosuffisance en riz et ça fait partie du projet du président de la République, Macky Sall.

En termes de résultats concrets, pour le moment, nous n’avons que de petites exploitations et on gagne  à peu près 1.000.000 F.cfa

Je pense que c'est déjà une bonne chose, parce que ça permet de pouvoir se diversifier et de prendre d’autres initiatives.

Parlant du riz, quel tonnage vous arrivez à produire ?

A la dernière campagne,  nous avons obtenu 10 tonnes.  On exploite une partie et on revend le reste.

Aujourd'hui, la bonne nouvelle est qu’on s’est aussi lancé dans l’élevage de bovins pour vraiment diversifier nos activités. 

Les agriculteurs n’arrivent pas à vendre leurs productions. L’accès au marché est-il un problème pour vous ?

C'est vrai, le problème existe un peu partout mais le plus important, c'est qu’il faut savoir que lorsqu'on se lance, il faut simplement être stratège.

Donc, il faut savoir utiliser ce qui peut être vendu. Moi, c'est ce que je fais.  Lorsqu'on produit quelque chose on arrive à le revendre sans difficulté sur le marché local à 100 %. Autrement dit, nous n’avions pas de difficultés à revendre nos productions.

Peut-on conclure que vous vivez de l'agriculture?

Oui, je vis de l'agriculture !  Mais disons que ce n'est pas à l'heure actuelle un business pour moi, c'est plus une passion.  Quelque chose que je fais à titre accessoire mais effectivement, c'est dans mes projets.

Que diriez-vous aux jeunes qui quittent le pays à la recherche d’un mieux-être en occident ?

A l’endroit de la jeunesse africaine, j’affirme que l'avenir est en Afrique. J'ai eu la chance de beaucoup voyager et de voir comment aujourd'hui, les personnes veulent venir investir en Afrique. 

Donc si tout le monde veut le faire, c'est qu'il y a une raison.

J'ai aussi eu la chance de travailler dans certaines structures où je voyais comment les investisseurs veulent venir en Afrique et les projets qu'ils ont pour le Sénégal.

Pour la jeunesse, je dirais qu’on a vraiment plus besoin aujourd'hui de quitter son pays.

Le président Senghor disait que "si nous aimons notre nation, nous devons être plus conscient de nos devoirs que de nos droits  et que il n'y a qu'une seule idéologie qui peut développer une nation, c'est celle du travail méthodologique".

Ce qui veut dire que, nous jeunes qui ont a eu la chance de bénéficier d'une petite aide de l'État, nous devons réellement nous engager et donc travailler sérieusement pour aller de l'avant, essayer de nous lancer dans l'agriculture parce qu’aujourd'hui, la vraie richesse, c'est le secteur de l’agriculture.

J’insiste que la vraie richesse sur cette terre, c'est la terre.  Ce qui est sûr, c'est qu’à l'heure où réellement le chômage des jeunes est quand même très fort, nous devons aujourd'hui saisir cette opportunité et se lancer parce que ça nous rend autonome, on arrive à vivre de notre production et on arrive à vendre.

Je pense, qu'il n'y a rien de mieux que se sentir utile tant déjà dans sa ville et dans son pays.

Quels conseils aux jeunes de votre pays qui souhaitent faire l’agriculture?

Personnellement, je conseillerais le riz parce qu’au Sénégal, on consomme beaucoup de riz et donc on est sûr de vendre.

Disons qu’avec une grande parcelle, on peut bien gagner sa vie et si petite parcelle est petite, on s'en sort aussi bien. J’ajoute que si on exploite une grande surface, en quelques années on est au minimum millionnaire.

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