"Les rendements sont bas aussi bien pour les cultures traditionnelles que pour les nouvelles cultures de diversification", a indiqué Kossi KPEMOUA, directeur Scientifique de l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA) lors d’un panel animé jeudi à Kara à l’occasion du 10ème Forum des paysans du Togo.

Que faire après ce diagnostic amer ?

Le Togo s’est engagé dans un vaste processus d’élaboration de la cartographie de la fertilité des sols.

La cartographie numérique des sols permettra explique –t-il de couvrir progressivement les 3,6 millions d’hectares de surfaces agricoles du Togo.

L’Office Chérifien des Phosphates (OCP) accompagne la réalisation de ce projet d’élaboration de la carte de fertilité des sols du Togo, fruit de la coopération entre le Maroc et le Togo.

L’initiative vient répondre à la nécessité d’actualiser l’évaluation des niveaux de fertilité des sols du Togo.

"Il ressort de la cartographie de la fertilité des sols des sites pilotes des agropoles Oti, Kara, haut Mono et bas Mono que les sols sont en général pauvres en matière organique et en éléments nutritifs majeurs (N, P et K) de la plante, d’où la nécessité d’opter pour une gestion intégrée des sols cartographiés, fondée sur les bonnes pratiques agricoles", explique M.KPEMOUA.

Il a rappelé que les apports de matière organique et d’éléments minéraux aussi bien en redressement (augmentation de la quantité d’éléments minéraux dans les sols carencés) qu’en entretien (maintien du stock des éléments nécessaires à la culture) sont incontournables.

Quelques conseils

Le Directeur Scientifique de l’ITRA recommande alors aux paysans de :

  1. mieux gérer la matière organique dans leurs sols ;
  2. laisser les résidus de récolte sur les parcelles ;
  3. fabriquer et utiliser le compost ;
  4. utiliser du fumier, les déjections des animaux, les fientes de volaille
  5. Procéder à la jachère améliorée (courte durée avec les légumineuses telles que le Mucuna, le Chrotalaria, le poids d’angole (Cajanus cajan);
  6. Privilégier les systèmes agro-forestiers (combinaison avec les arbres utilitaires tels que le Néré, le Karité et des légumineuses comme Albizzia, Glyricidia…, ou pratiquer la culture en couloirs avec les essences telles que Leucaena, Albizzia, Cajanus cajan)
  7. Mieux gérer la variabilité de la fertilité des sols :
  •  Sols différents = modes de gestion différents (gestion au cas par cas, fonction de la fertilité du sol);
  •  Opter pour une fertilisation mixte et raisonnée (combinant à la fois les fumures minérale et organique d’une part et tenant compte de la richesse du sol et les besoins des plantes/cultures);
  • Veiller toujours que les apports d’éléments minéraux compensent les pertes (exportations par les plantes, pertes par lessivage/drainage, pertes par érosion, etc.)

Ce qui reste à faire

  1. Appui technique et financier de la FAO à travers le TCP/TOG/3602. La superficie totale à analyser dans la région des Savanes est de 410 800 ha. Les travaux sont en cours.
  2.  Effort du gouvernement togolais à travers le programme PAPV.  Couvrir les régions de la Kara (710 400ha) et centrale (729 600ha).
  3. Travaux de prélèvement des échantillons de sols en cours dans la Région des Savanes avec l’appui de la FAO (TCP/TOG/3206) en 2018 pour cible de 410800 ha.
  4. Travaux en cours de prélèvement des échantillons de sols en cours dans la Région de la Kara avec l’appui du gouvernement à travers le programme PAPV 2018 ; la cible est la région de la Kara (710 400 ha) et de et la région Centrale (729 600 ha) en 2018-2019.
  5. Des recommandations seront formulées sur la fertilisation raisonnées des cultures pour une meilleure productivité.
  6. Le projet aboutira à l’élaboration de la carte de fertilité des 3,6 millions ha de sols agricoles du Togo à l’horizon 2020.
  7. A cours et moyen termes, la réalisation des essais agronomiques, avec les principales cultures, conduiront à mettre au point, en fonction des zones agro écologiques, des recommandations de fertilisation équilibrée des cultures, afin d’accroître durablement la productivité agricole et améliorer le revenu des producteurs.

Votre avis