Coulibaly Rokiatou

Intéressée au départ par le métier d’avocat pour défendre la cause des femmes, elle s’est finalement retrouvée dans le monde de la science. Et aujourd'hui, elle ne regrette pas du tout cette réorientation circonstancielle.

D’abord, Roki a obtenu une licence en agroéconomie à l’institut polytechnique rural de formation et de recherche appliquée du Mali.

"Pour ma licence, j’ai évolué à Ségou, dans le cercle de Bla (situé à plus de 300Km de Bamako), plus précisément dans village de N’toba pour guider la coopérative Benkadi de N’Toba d’une centaine de femmes à mettre en place leur périmètre maraîcher et les aider dans la production jusqu’à la transformation de leurs produits maraîchers. Actuellement, ce sont des femmes qui sont devenues autonomes qui subviennent facilement aux besoins de leur famille", s’en réjouit-elle.

Ensuite, elle a fait un master en agrobusiness à l’université Gaston Berger de Saint Louis au Sénégal.

"Pour mon stage de fin de cycle, j’étais sur le Partenariat Public Privé à World Vegetable Center. J’ai aidé 700 producteurs de Sikasso (la 3ème région du Mali), plus précisément dans les cercle de Bougouni, Sikasso et Koutiala dont plus de 60% étaient des femmes à chercher des clients potentiels ou des entreprises qui peuvent acheter leurs produits. On amène ces entreprises à préfinancer la production en investissant dans les intrants, dans le conditionnement et à la fin, elles reviennent acheter à des prix bien favorables", ajoute-t-elle.

Selon elle, les réalités du Mali sont telles que les hommes ne font que cultiver le mil et le riz et c’est fini. Les frais de scolarité des enfants, l’argent des condiments ou quand la femme tombe malade, ce n’est pas leur problème.

"Donc, tout ce qu’on peut faire pour aider ces femmes, je suis prête à apporter ma contribution. Si les financements et les projets me le permettent, je suis là à la disposition des femmes pour les aider parce que j’ai vu que ces femmes souffrent beaucoup", martèle-t-elle.

Partout où elle passe, Rokiatou n’est pas toujours la bienvenue. Tantôt ce sont les femmes elles-mêmes qui se demandent qu’est-ce qu’une petite fille peut leur apporter, tantôt ce sont les hommes qui sont réticents parce qu’ils se disent que les femmes de la ville viennent donner de mauvaises idées à leur femme.

"Pour les rassurer, je dis tout simplement que je ne connais rien du tout. Je suis plutôt venue apprendre de vous et vous donner le peu que j’aie. Et dans la plupart des cas ça fonctionne", s’en félicite Roki.

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De notre Envoyé Spécial au Bénin, ANANI Etsri

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