Aires protégées, un mal nécessaire

Jusqu’en 1980, le pays comptait encore 83 aires protégées réparties sur toute l’étendue du territoire et couvrant 14% de la superficie terrestre du pays. Avec l’avènement des troubles socio-politiques de 1990, cette fortune a été détruite de diverses manières.

Les aires protégées sont alors devenues des lieux d’exploitations agricoles, de sources de revenus et d’habitation pour les paysans ; ce qui complique l’exécution de la nouvelle politique de réhabilitation.

Pour aboutir aux résultats escomptés en tenant compte des riverains, le gouvernement a fait de cette politique un processus inclusif et participatif. Malheureusement,  des désaccords existent encore entre les riverains et le Ministère de l’Environnement et des ressources forestières.

La politique de réhabilitation des aires protégées ne peut s’appliquer sans conséquences sur la vie du paysan. D’une part, la reprise des terres actuellement exploitées et des points d’eau aussi négligeables qu’elles soient a un impact sur la production agricole, le revenu économique et la vie des paysans.

"La mise en place des bornes de délimitation a englouti une grande partie des champs que nous ont laissés nos grands-parents", déclare un riverain déçu par ce processus de réhabilitation des aires protégées.

Le processus de réhabilitation des écosystèmes, même si de nos jours, cause un problème dans sa pratique est une action importante allant dans le sens des objectifs de Développement Durables (ODD).

Face aux menaces des effets du changement climatique, il est important de réhabiliter les écosystèmes pour atténuer ces effets. Les forêts par exemple sont en mesure d’absorber des quantités importantes de carbone dans leur biomasse, leurs sols et leurs produits.

La participation à la gestion et aux retombées de ces aires protégées sont aussi d’autres avantages pour les riverains. Ces derniers pourront bénéficier des emplois créés par la mise en place du site et des infrastructures issues de la politique de réhabilitation.

Pour une réussite du processus de réhabilitation des aires protégées au Togo, les principaux acteurs de l’exécution de la politique doivent opter pour une participation aussi inclusive que participative.

"Lorsqu’ils étaient passés pour la première fois pour définir ensemble les limites, l’aire protégée était éloignée des habitations et les champs de mon village ; lors de la pose des bornes, nous nous sommes retrouvés nez à nez avec les limites de l’aire protégée", ajoute un autre riverain révolté.

L’inclusion et la participation ne doivent donc se limiter aux chefs traditionnels et leaders communautaires mais aussi une grande partie de la population. En plus, le Gouvernement devra prendre assez de temps que possible pour poser les bonnes bases de cette politique de réhabilitation des aires protégées, un mal nécessaire pour le pays.  

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1 Contribution(s)

  1. EGBELOU Hodabalo say:

    C'est vraiment important la réhabilitation de nos aires protégées. Il faut une prise de conscience de la population vis à vis des forêts.

    10/06/2019 20:24:00

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