Hernan Manson, Conseiller en charge du portefeuille agriculture pour le centre de commerce international (ITC)

Les ressources étant disponibles, l’ACRAM passe à la structuration des différents projets prioritaires dans tous les pays membres. Cet exercice de structuration piloté par le Centre du Commerce International (ITC) s'est déroulé du 16 au 17 Juillet à Lomé.

Il a regroupé des délégués, tant du public que du privé, venus des pays membres de l'ACRAM dont les projets de développement de la caféiculture Robusta sont disponibles.

"Ce programme vise le développement des politiques d’investissement, de production, de promotion, de commercialisation pour avoir des impacts économiques et sociales dans les secteurs café", souligne Hernan Manson, Conseiller en charge du portefeuille agriculture pour le centre de commerce international  (ITC).

"La vie des producteurs sera améliorée si les productions sont améliorées et s’ils ont des débouchés pour leur production. La vie des entrepreneurs sera améliorée s’ils arrivent à produire de façon compétitive et qu’ils arrivent à vendre", analysent les dirigeants de l’ACRAM. 

La densité du défi impose alors qu’il y ait un cadre fédérateur où les principaux acteurs apportent leur savoir-faire pour la réussite du challenge. L’Union européenne accompagne les pays de l’Afrique Caraïbes et Pacifiques(ACP) producteurs de café sur une période de 5 ans.

Ces pays bénéficient également de l’appui technique de l’ITC qui sera rejoint bientôt par  l’Organisation des nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et la Banque mondiale.

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La démarche vient en réponse aux diagnostics de la filière qui a permis d’identifier le manque de cadre d’intervention stratégique, la faible productivité des exploitations de café Robusta, les carences dans la planification de renouvellement et de régénérescence des plantations, le niveau élevé de l’âge moyen des producteurs, l’image souvent dégradée du café Robusta, conduisant à une baisse de production du café Robusta en Afrique et l’appauvrissement des producteurs de café.

Enselme Gouthon, président de l’ACRAM.

L’ACRAM a ainsi développé un programme de relance de la production dans les pays producteurs de café Robusta d’Afrique afin de fournir aux caféiculteurs un environnement propice pour cultiver et commercialiser leur produit de façon durable.

Ce qui devra permettre à ceux-ci de tirer assez de revenus de la caféiculture, assurer un niveau de vie décent à leur famille et contribuer au revenu national.

"Le rendement actuel est entre 300 et 400 kg à l’hectare alors qu’ailleurs les producteurs sont à 2 voire 3 tonnes à l’hectare. En Afrique, nous sommes en train de mener ces actions pour pouvoir permettre d'améliorer la qualité, augmenter la production et passer de 300kg à une tonne à l’hectare", confie à agridigitale, Enselme Gouthon, président de l’ACRAM.

Les objectifs du programme se situent dans un contexte général de crise des prix et du besoin d’augmenter les sources de revenus pour les petits producteurs de café.

Le volet transformation sera également pris en compte du fait que la transformation et la valorisation du marché local représente pour tous les pays producteurs un véritable levier de croissance. Le programme va donc aider à la valorisation de ce marché local qui représente en même temps un attrait pour les investissements dans cette filière.

"Si on commence à susciter de l’intérêt pour la consommation intérieure, à mobiliser des ressources pour la transformation, ça peut aider à améliorer le prix d’achat du café aux paysans", croit le président Enselme Gouthon.

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Le programme appuiera aussi le secteur privé du café et soutiendra le renforcement des politiques publiques en vue d’attirer les investissements.

Sur ce volet, l’appui de l’UE permettra aux bénéficiaires de : asseoir un cadre permanent et actif pour promouvoir la recherche dans le domaine du développement du café robusta d’Afrique et assurer un accès des exploitants au matériel végétal amélioré ; soutenir des services de vulgarisation efficaces aux fins du transfert de technologie et de la prestation de services aux intervenants dans la filière.

Il sera également question de : développer une stratégie dans la logique du renouvellement des plantations ; renforcer l’autonomie des exploitants en développant et en renforçant les organisations d’agriculteurs.

Enfin, le programme prévoit d’augmenter la participation des femmes dans la production et en y attirant plus de jeunes ; et promouvoir l’image du Café Robusta d’Afrique en mettant en avant ses spécificités et en développant des produits et marques et de qualité.

Ce label africain boostera le développement de la filière et la consommation locale.

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Anani E.

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