Razak ADJEI part du mortier à une unité de moderne de production

"J’ai participé à l’élaboration du Plan Marshall pour l’Afrique exposé lors de la conférence du G20 en Allemagne l’an dernier", lance Razak ADJEI, jeune entrepreneur togolais, Directeur Général de TarAgro.

Eh oui, le jeune patron de TarAgro, spécialisé en agriculture urbaine et production de bio pesticide rêve très bientôt de voir sa startup devenir une multinationale.

"Que TarAgro devienne une multinationale en Afrique et en Europe de sorte à faire le suivi des potagers partout dans le monde", affirme –t-il à agridigitale dans cet entretien exclusif.

Du mortier à l’unité de production de Bassar

Comme tout jeune entrepreneur, le début n’a pas été du tout aisé. "A ce jour, mes projets ont déjà absorbé 28 millions F.cfa d’investissements",  a-t-il révélé signalant que son groupe ne fait pas encore de chiffre d’affaires. Tout est parti du désir ardent à trouver une formule pour contrer les ravageurs d’insectes sur les légumes.

"Après 5 tentatives, je suis arrivés à une formule depuis 2017 ce qui a donné naissance au bio pesticide KINI que je fabriquais à partir d’un mortier à fufu acheté par ma mère", témoigne Razak.

KINI combat les insectes sur les produits maraîchers et est obtenu à partir des graines de neem.  "C’est une alternative aux produits chimiques", assure le fabriquant.

"C’est d’abord un répulsif car une fois appliqué sur la culture,  les insectes ne s’approchent plus. Ensuite, un anti-régulateur car si l’insecte s’approche, il ne se reproduira plus. Puis un anti-appétant car quand l’insecte a son digestif troublé, il n’aura plus d’appétit et laissera la plante tranquille", explique Razak ajoutant que les tests sur les cultures maraîchères se sont révélées concluantes sur l’efficacité du KINI.

Coup de pouce du MIFA

S’il affirme avoir débuté avec 50 mille F.cfa et jonglait de gauche à droite pour investir dans ses recherches et fabriquer son produit à partir du mortier, la rencontre avec le MIFA (Mécanisme Incitatif pour le Financement Agricole) a été un coup salutaire.

Lire aussi : Voici les conditions à remplir pour être éligible au MIFA

Un ménage, un potager

"Grâce au MIFA, j’ai obtenu un crédit de 4,2 millions F.cfa ce qui m’a permis d’installer une unité moderne de production à Bassar (nord-Togo)", se félicite Razak ADJEI.

Il souligne "qu’en 1 mois, l’unité de Bassar est capable de produire 5000litres et que son objectif est de passer à 5000litres par jour".

"En 6 mois, nous allons rembourser au MIFA son crédit, soit plus tôt que prévu compte tenu de la forte demande du produit sur le marché", affirme-t-il avec énorme assurance.

Razak dévoile que KINI est très demandé au Rwanda, Bénin, Niger, Côte d’Ivoire, Amérique du sud et dans bien d’autres pays et il mène des démarches pour l’homologation afin de passer à la conquête de ces marchés.

Il n’y a pas de journées sans défis

L’autre challenge de Razak, c’est l’agriculture urbaine avec son ambitieux projet "une maison un potager".

RAZAK forme à l'installation du potager

"7000 personnes au Togo et au Bénin sont déjà formés sur le projet une maison, 1 potager. On forme les gens à avoir les capacités de produire les légumes chez eux sur des mûrs, dans les bidons etc. De 8h à 14h, le tour est joué", informe –t-il.

Pour lui, tous les ménages en Afrique suivre la traçabilité de ce qu’ils consomment. "Nous sommes les amis des ménages.  Chaque abonné à son numéro matricule et grâce à nos ateliers, 500 potagers sont déjà installés", indique-t-il.

Persuadé qu’il parviendra un jour à installer des potagers dans tous les ménages, Razak travaille très dur ces jours-ci pour qu’il y ait un potager dans les 134 villas de la nouvelle citée inaugurée il y quelques jours à Baguida (banlieue de Lomé) par la Banque ouest africaine de développement (BOAD) lors de ses 45 ans.

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