Les panélistes

Dr. DABE Kokou Edoh, agroéconomiste et Directeur du Centre de Recherche Agronomique de la Forestière (CRAF), Johnson Kueku-Banka, Directeur du Centre Togolais des Expositions et Foire de Lomé (CETEF) et Mawuli Couchoro, Professeur agrégé en Economie à l’Université de Lomé partagent tous la même vision sur un panel animé jeudi à Lomé.

Explication. Une entreprise à elle seule par exemple ne peut plus se prévaloir faire la production de la tomate, la transformation, le packaging, la mise en marché local, la distribution au plan régional ou international.

Ce serait vraiment absurde parce qu’aujourd’hui, pour garantir un avantage comparatif sur la qualité, répondre à la demande progressive, proposer un coût compétitif, plusieurs acteurs doivent pouvoir intervenir sur toute la chaîne, et à chaque étape du chaînon, chacun veille que sa part du travail est bien accompli.

"On ne parlera plus de produit fini mais des intrants, des facteurs de production qui entrent dans la production du bien et chacun se positionne sur un créneau donné de ces étapes pour minimiser le coût", explique Pr Couchoro.

"On a un avantage comparatif dans la production des intrants du bien.  On ne produit plus la totalité du bien final, mais on se spécialise dans la production des intrants de ce bien", ajoute –t-il.

Contrat ou pacte de confiance

Si l’Afrique continue par exporter la matière première brute agricole et attend en retour le produit fini, c’est qu’il y a bien une ou des raisons à cela. Celle la plus plausible ciblée par Johnson Kueku-Banka, c’est que les acteurs n’arrivent pas à se regrouper au niveau de chaque filière et créer la plus-value.

"C’est en se structurant que les acteurs peuvent constituer des groupes de pression pour aller vers des propositions de textes pour la mise en place du cadre institutionnel pour défendre leurs intérêts", a-t-il recommandé.

Pr Mawuli Couchoro a tenté pour sa part de relativiser.  "Chacun se spécialise dans la production du produit dont il dispose en abondance. C’est dans ce sens que l’Afrique se positionne par exemple sur les matières premières", détaille –t-il.

"Le Togo est essentiellement dans la production des produits bruts et n’arrive pas à aller au-delà en étant dans la transformation, parce que nous avons de l’avantage comparatif dans la production des biens bruts mais nous n’avons pas cette qualité à transformer et à moindre coût pour être beaucoup plus compétitif au plan international", analyse le professeur d’université.

En guise de thérapie, le contrat est alors indispensable pour la durabilité des chaînes de valeurs. "Grâce au contrat, chaque acteur se retrouve dans l’obligation de bien jouer son rôle pour que chacun puisse non seulement bénéficier d’un produit de qualité mais aussi tirer son épingle du jeu", propose Dr. DABE Kokou Edoh.

Il conçoit "la chaîne de valeur comme la signature de contrats fiables et sincères et dans ce cas toutes les parties doivent bien jouer leur partition".  

"La chaîne est composée de plusieurs acteurs ou maillons et il faut des contrats à chaque niveau pour permettre la viabilité de la chaine de valeur. Sans ce contrat, chacun va de son côté. Le contrat reste un arrangement ou un accord entre les différents acteurs et c’est ce qui permettra d’assurer la viabilité d’une chaine de valeur", ajoute Dr DABE.

Tous les intervenants sur le panel sont alors unanimes que c’est rien qu’à ce prix que l’Afrique pourra réussir un jour, la transformation de ses produits agricoles, et pourquoi pas, de toutes ses matières premières.

Votre avis