Dopegnon Kokou Agbleke (G) et Nonvon Komi Clément (D) (crédit photo agridigitale).

Dopegnon Kokou Agbleke connu du nom Azanmo est l’actuel président de la coopérative des planteurs Etsonenyo (demain sera meilleur).

Composée d’une trentaine de membres, cette coopérative mise en place depuis 1995 a une capacité annuelle de production de 15 à 20t de cacao, l’une des meilleures de la localité.

En 23 ans d’existence, Etsonenyo a rendu les planteurs plus épanouis, leur niveau de vie amélioré et la plupart s’en sortent bien grâce à leur plantation.

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M.Dopegnon et sa femme forment un couple heureux

"Mon champ de cacao est mon entreprise car il garantit mon revenu et je ne blague jamais avec. Le cacao porte beaucoup d’espoir et nous sommes fiers d’être planteurs", confie M. Dopegnon.

Il témoigne que les revenus tirés de la vente du cacao lui ont permis d’avoir un moyen de déplacement, d’’avoir son habitat, d’assurer la scolarité de ses enfants dont certains aujourd’hui suivent des cours au niveau supérieur du côté du Ghana voisin.

La coopérative a une caisse et les membres-planteurs ont pour la plupart un compte logé dans la mutuelle Dekawowo dans la ville de Kpalimé.

"C’est notre banque agricole, elle est plus proche de nous. On obtient des crédits avec un taux d’intérêt de 8%. Pour une caution de 300mille, on peut obtenir un crédit  de 900mille F.cfa. Les agents de crédit sont très compréhensifs et comprennent les réalités de nous les planteurs", dévoilent les responsables de la coopérative.

Le premier rapporteur de la coopérative, Nonvon Komi Clément ajoute que la coopérative a fait prospérer tous les membres et confirme l’adage "l’union fait la force".

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"Sur 1ha de cacao, la récolte tourne autour d’une tonne en raison de 1000F.cfa le kilo, ce qui fait banalement 1 million F.cfa. On arrive à joindre les deux bouts", témoigne-t-il.

Déployer des encadreurs pour suivre les plantations

La disponibilité des insecticides, des fongicides pour combattre la pourriture brune des cabosses, des encadreurs pour suivre les plantations demeurent un casse –tête chinois pour ces planteurs.

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Eric YEBO conseille aux encadreurs de jouer leur partition

"80% des planteurs n’étant pas instruits, il faut que les techniciens suivent régulièrement leurs plantations et leurs prescrivent les produits adaptés", dénonce Eric YEBO, planteur de cacao.

Il suggère à l’Etat de rendre les produits dont a besoin les planteurs plus  proches et à surtout, s’inspirer de l’exemple du Ghana, qui propose à ses planteurs des produits adaptés à leur sol.

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"L’Etat peut faire des prélèvements sur la vente du kilo de cacao et prendre en charge les encadreurs à déployer dans toute la zone de culture du cacao avec la mission d’identifier et de traiter de manière régulière les plantations", ajoute –t-il.

D’autres mesures incitatives telles des prix à décerner aux meilleurs producteurs de cacao ; aux meilleures coopératives ; l’instauration d’une caisse de stabilisation de la filière ; la réhabilitation des pistes rurales dans les zones de production ; la construction de magasin de stockage, des subventions aux planteurs pour l’acquisition d’atomiseurs ou manchettes motorisées pourront également selon lui, aider à restaurer et relancer la filière cacaoyère dans la région.

Malgré tout, les membres de la coopérative Etsonenyo gardent espoir d’un lendemain meilleur.

Ils ont reçu la visite il y a quelques jours d’une délégation allemande, notamment de la GIZ qui promet de les accompagner dans la réalisation des pistes rurales.

Selon les spécialistes, le mauvais état des pistes pourrait faire perdre jusqu’à 30% des revenus aux planteurs.

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Fidèl A. GNAMELI de retour de Tové Ati Avenémé pour AGRIDIGITALE

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