Comment se développe cette forme d’escroquerie et que faire pour porter secours aux producteurs victimes?

Au Togo, le commerce des céréales est plus marqué par des commerçantes généralement appelées «bonnes dames» spécialisées dans l’achat et la commercialisation de ces céréales en bols (unité de mesure au Togo).

Ce sont les partenaires commerciaux incontournables des producteurs dans toutes les régions du pays. Même si les bonnes dames monopolisent le commerce des céréales au Togo, ces dernières ne sont pas appréciées par les producteurs qui n’en font recours que lorsqu’ils n’ont plus d’issus.

Les bonnes dames : expertes en escroquerie

Les bonnes dames ne font pas l’unanimité des producteurs agricoles à cause de leurs pratiques qu’on peut juger d’escroquerie. Il faudra commencer par l’unité de mesure qu’elles essaient par des moyens d’augmenter le volume (fabriquer du glaçon avec, bomber le bol).

Ces unités transformées ne servent qu’à acheter les céréales auprès des producteurs puisqu’au retour, elles reprennent les bols conventionnels.

Le système de mesure est une autre forme d’escroquerie. En mesurant avec les deux mains, l’une tenant le bol et l’autre maintenant la partie des céréales qui devaient retourner dans la bassine du producteur, les bonnes dames gagnent une seconde fois un surplus sur leurs marchandises achetées.

"Avec ce système de mesure, je retrouve 45 bols au lieu de 40 dans le sac de 100 kg.", confie une commerçante de maïs dans une ferme à la recherche de stock pour son commerce.

L’autre aspect de l’escroquerie est le fait de vider les stocks des paysans aux premières heures des récoltes à un prix très défavorable. Ces femmes vont jusqu’à gagner plus de 100% suite aux variations des prix de stock.

Comme exemple, le maïs peut varier de 250 F CFA à 600 F CFA, le bol. Le paysan, par manque de moyens financiers est obligé de livrer son produit à ce prix pour régler ses dettes et subvenir à ces besoins.

‘‘J’ai dû vendre mon stock de maïs à 375 F CFA le bol et pire encore aux bonnes dames,  parce que je devais rembourser mon crédit arrivé à échéance.  Deux semaines après, le prix du maïs est monté à 500 F CFA’’, révèle Koffi, un grand producteur de céréales.

L’appel au secours des paysans

Suite à ces diverses formes d’escroquerie dont sont victimes les paysans, il est important, voire vitale de venir au secours de ces derniers.

Le système de commercialisation des céréales est plus informel que légal. Dans plusieurs pays de la sous-région, le warrantage est la meilleure solution mise en place pour lutter contre ce fléau.

Le warrantage selon sa pratique et sa définition va normalement dans l’avantage premier des producteurs. La mise en place et le développement des pratiques de warrantages mettront les producteurs à l’abri de cette forme d’escroquerie qui ne peut en aucun cas rendre épanouis les victimes.

Aussi l’organisation et la formalisation de la commercialisation des céréales au Togo par l’Etat peuvent réduire ces pratiques ignobles développées par les adeptes du profit maximal. 

 

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