Des experts ont apporté des éléments de réponse à cette question dans ce dossier.

Sibiri Sou, Agronome à la Direction de la production de la société Sofitex au Burkina Faso

La raison est simple. C’est lié aux difficultés qui minent la production. La pluviométrie y est pour quelque chose. Les producteurs n’arrivent pas à appliquer les engrais dans le temps à cause du manque de rendez-vous de la pluie. Cela entraîne un décalage dans l’application de ces produits. Cette année au Burkina Faso, certains producteurs n’ont pas pu appliquer les insecticides à cause des manques de pluie parce que pour la plupart, lorsque les pluies s’arrêtent, ils arrêtent les traitements, ce qui occasionne un envahissement des ravageurs qui gagnent le terrain.

Le second aspect, ce sont les producteurs eux-mêmes qui ne respectent pas la dose. Les itinéraires ne sont pas suivis par les producteurs. Face à ces aspects on ne peut pas avoir les résultats escomptés par la recherche.

Pour remédier aux problèmes pluviométriques, un programme d’irrigation complémentaire est prévu en zone SOFITEX. Financé par la Banque Mondiale et la Société Financière Internationale, ce projet pilote concerne la construction d’un bassin de rétention des eaux de ruissellement qui sera utile aux producteurs en cas de poche de sécheresse.

Selon un expert de la recherche 

A la recherche, quand on dit au 15e jour, on va épandre l’engrais NPK, ça se fait ; quand on dit on veut commencer le traitement au 45e jour, on le fait. Par contre le monde paysan est très grand et chacun a ses contraintes ; ce qui fait que même quand le paysan sait ce qu’il faut faire, il n’est pas disponible pour le faire. Parmi les paysans, il y en a dont les résultats sont très proches de la recherche. Sinon, on ne peut pas comprendre pourquoi les mêmes semences dans les mêmes conditions produisent 600 kg pour l’un et 3000 kg pour l’autre.

Dr BONFO Bédibètè, Directeur Général de l’Institut togolais de la Recherche Agronomique (ITRA)

Il est reconnu que nos sols de façon globale ont un taux de matière organique qui varie entre 0 ,8 et 1,2%. Dans ces conditions, même si on apporte la dose recommandée, on ne peut pas atteindre un rendement de 1,5 tonne à l’hectare.

Il faut passer à la nutrition intégrée du cotonnier ; cela permet d’apporter des matières organiques à nos sols pour augmenter leur taux.

Adam Nana Nanfamé, DG NSCT (photo)

La productivité est le résultat de 3 composantes : D’abord les semences qui sont déjà confirmés par les chercheurs pour rendement. Ensuite l’acteur principal, le paysan dans le respect strict de l’itinéraire technique, la qualité et la quantité des engrais utilisés. Enfin, le climat qui conditionne tout et que personne ne maîtrise. C’est en ce sens qu’il faut encourager l’irrigation complémentaire pour faire aux irrégularités des pluies ; l’aspect résilient des variétés aux changements climatiques est aussi à suivre de près.

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