Maryse Kalé ADOTEVI, Directeur Général de la société DELOITTE au Togo

Interrogée par agridigitale lors du Special Women Brunch Day célébré le 08 mars où plusieurs femmes cadres d’entreprises publiques et privées du Togo ont pris la parole, Mme AKIBODE regrette que "le rôle de la femme aux côtés de l’homme est toujours perçu de manière marginale".

"Au Togo, l’agriculture occupe 70% de la population et la première image qu’on a du secteur, ce sont les hommes alors que les femmes qui travaillent jour et nuit dans les champs et font à manger à ces derniers", lâche-t-elle.

Pour Mme AKIBODE, "cette occupation de la femme n’est pas visible parce que les femmes sont assez lésées dans l’accès au foncier, l’accès aux terres agricoles au même titre que les hommes".

"La femme n’a pas accès à la terre et cultive au profit de son mari où sa contribution n’est pas mesurée. Nous devrions faire en sorte que les femmes aient accès aux terres et que ce problème foncier soit réglé pour que la contribution de la femme dans le domaine agricole soit visible", préconise –t-elle.

Peace Akpénè ADIHO, Juriste à la Compagnie d’Energie Electrique du Togo (CEET) estime pour sa part que c’est une forme d’injustice qu’il faudra corriger.

"Quand vous alliez dans un milieu rural, c’est la femme qui a son bébé au dos, le tas de bois sur la tête et qui va cultiver pendant que le monsieur était en train de se reposer. Quand elle laisse la houe, elle revient au four pour faire à manger à son mari. Sur tous les plans, la femme s'est levée très tôt. Quand vous vous réveillez à 5h du matin, je crois que si vous croisez deux hommes, vous croiserez 10 femmes", ajoute Mme ADIHO qui interpelle la société sur la reconnaissance du rôle de la femme.

L’égalité et genre : un combat à mener au quotidien

Lidi Kama BESSI (micro) lors de son intervention

Si déjà en 1997, le genre a été consacré par le conseil économique et social des Nations Unies en tant que concept novateur capable d’induire un développement humain et durable en instaurant l’égalité de loi et des chances, du chemin reste à faire quant à la réelle affirmation des femmes dans la société.

"Quand on dit que derrière un grand homme, il y a une grande femme, pourquoi ne doit -t-on pas dire, derrière une grande femme il y a un grand homme et que les femmes doivent être toujours léguées derrière ?", s’interroge Mme ADIHO.

Certes, elle reconnaît que "c’est un honneur qui prouve le rôle d’avant-garde que la femme joue mais cette dernière doit désormais prendre le devant et avoir la volonté, le courage, la persévérance de s’affirmer davantage".

"Ce n’est pas évident, le matin ton mari te crie dessus, tu sors dans un état morose, tu viens au bureau, c’est ton patron qui commence par te crier dessus. Tu es entre l’enclume et le marteau et il faut avoir la tête sur les épaules, avoir confiance en soi pour pouvoir s’affirmer et prouver que nous avons notre place aux côtés des hommes", souligne –t-elle.

L’avenir de la jeune fille commence par son milieu familial

Pour corriger ces inégalités, Special Women Bunch Day a eu le mérite de rassembler les femmes qui ont réussi et qui sont venues impulsées une dynamique nouvelle à toutes les femmes participantes.

Lire aussi : Special Women Brunch Day, c’est ce 08 mars !

Peace Akpénè ADIHO, Juriste à la CEET

Du Docteur Lidi Kama BESSI, première femme officier des Forces Armées Togolaises (FAT) à Maryse Kalé ADOTEVI, Directeur Général de la société DELOITTE au Togo en passant par d’autres éminentes panélistes, elles ont tour à tour partagé leurs parcours louables, leurs expériences et comment elles arrivent surtout à concilier la vie familiale à la vie professionnelle.

Unanimement, elles reconnaissent qu’aujourd’hui, des pas importants ont été posés en matière d’équité et genre et ce qui reste à faire, c’est de veiller à garder les acquis, s’imposer et mériter d’être aux côtés des hommes à la maison, au boulot et dans la cité.

"L’avenir de la jeune fille commence par son milieu familial. Que les parents encadrent les jeunes filles, qu’ils leur donnent une éducation qui leur permet de s’épanouir demain, surveiller leurs fréquentations, mettre tous les moyens d’encadrement non pas à étouffer la jeune fille mais  lui permettre de s’éclore positivement", recommandent-elles.

In fine, le 08 mars, c’est un combat quotidien pour qu’on parvienne un jour à réduire les inégalités, à lutter contre les préjugés et les stéréotypes sexistes, les discriminations, l’exclusion sociale et la pauvreté.

Votre avis