Un taux très inquiétant que les Etats s’engagent à corriger en mettant en route l’un des programmes phares fixés à l’agenda 2063 de l’Union africaine, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).

Le président du Sénégal, Macky Sall incarne en Afrique ce combat unique d’intégration. Président du Comité d’orientation des Chefs d’Etat et de Gouvernement du NEPAD, il a lors de la 31ème session de l’Union africaine à Nouakchott, exposé ses propositions de réformes.

Avant le sommet de Nouakchott, le président Sall a délivré l’avant-veille, un important discours au festival d’Assilah au Maroc sur le thème "Intégration en Afrique : consensus et dysfonctionnement".

Le président Macky Sall a rappelé que le NEPAD vise à stimuler l’intégration africaine en créant les conditions d’une transformation structurelle du continent par la réalisation de projets inter- étatiques: routes, autoroutes, ponts, chemins de fer, centrales électriques, barrages, infrastructures de TIC etc.

Il a fait savoir que "tous ces projets sont consignés dans le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) sont certains sont déjà en cours de réalisation.

"Mon point de vue est que l’intégration se construit à la fois par la vision

politique qui en définit les contours et les projets qui traduisent cette vision en actes", a-t-il lancé.

Pour lui, la signature, le 21 mars 2018 à Kigali par 44 pays africains du Traité portant création de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine (ZLECA), marque une étape qualitative vers l’objectif d’intégration.

La ZLECA vise à établir une libre circulation des personnes, une union douanière en 2022, et une Communauté économique africaine en 2028.

Entre temps, souligne –t-il, "il y a bien du chemin à faire".

"Il faudra apaiser des méfiances, vaincre des réticences et mener à bien les négociations sur la libéralisation des secteurs et l’harmonisation des politiques commerciales", suggère le président Sall.

Il ajoute que "l’expérience a montré que le processus d’intégration s’accompagne d’un transfert progressif de souveraineté qui ôte à l’Etat une partie de ses moyens de régulation".

"Il y a donc un équilibre à trouver entre les impératifs de l’Etat-Nation et les nécessités du destin commun", analyse le président Sénégalais qui pense que "dans le contexte de la menace terroriste, il faudra par exemple concilier le droit de libre circulation et l’obligation de contrôle pour des raisons sécurité".

Sur la stratégie d’intégration elle-même, il estime que les Communautés économiques régionales offrent la meilleure voie pour aller au regroupement à l’échelle continentale ; à la fois pour des raisons de continuité géographique, de cohérence économique et d’affinités socioculturelles.

Il cite à titre d’exemple, la CEDEAO qui développe, depuis 43 ans, une expérience communautaire réussie dans des domaines aussi divers que la prévention des conflits, le rétablissement et le maintien de la paix, l’encadrement des processus électoraux, le commerce et le développement.

Les résultats aujourd’hui sont visibles. Il s’agit notamment de la libre circulation des personnes et des biens, le passeport et la carte d’identité communautaires, le Tarif Extérieur Commun et le projet de monnaie commune.

Le président du NEPAD avertit cependant que des efforts restent à faire pour lever toutes les entraves à la libre circulation des personnes et des biens, notamment les barrières non tarifaires, les tracasseries et perceptions indues aux frontières.

Il pense qu’en dépit des obstacles et des dysfonctionnements, l’objectif d’intégration doit rester intact tant à l’échelle continentale que régionale.

"Face à la déferlante de la mondialisation et aux grandes alliances économiques qui prospèrent, seul un ensemble continental intégré et solidaire permettra à l’Afrique de survivre à l’ère où s’entrechoquent opportunités, risques et incertitudes", souligne –t-il.

Et de conclure que "la dynamique de l’intégration est une œuvre de longue haleine et comme les marcheurs dans le désert à la quête de l’oasis, il nous faudra franchir les dunes et déjouer les mirages".

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