"J’exhorte les entomologistes, les sélectionneurs, les généticiens, les agronomes sur la nécessité de partager les données, de les mémoriser, d’essayer d’avoir de grandes matrices de données qui peuvent faire des analyses statistiques plus fines pour mieux expliquer les phénomènes qu’on observe", a-t-il confié.

Entomologiste, spécialiste des ravageurs du cotonnier, Dr Silvie après 5 ans d’expérience au Togo (1988-1992), multiplie son expertise dans plusieurs pays (Tchad, Bénin, Paraguay, Brésil).

Il est l’invité d’Agridigitale. 

Selon vous, l’agriculture en Afrique a évolué?

Pierre SILVIE : Bien sûr ! L’avancée de l’agriculture en Afrique est à l’image de l’avancée de l’urbanisation et des TIC. Certaines technologies comme le téléphone sont plus développées avec un certain nombre de population, l’agriculture a suivi. 

On trouve aujourd’hui des tracteurs par exemple, des superficies beaucoup plus grandes, on assiste aussi à la formation de groupements plus organisés.

Au niveau de la recherche, il y a une nette amélioration. Les chercheurs travaillent maintenant collectivement en essayant de définir une thématique qu’ils travaillent collectivement avec les nouvelles technologies de l’information. 

Bien entendu, l’internet a joué en faveur. Donc l’agriculture en Afrique a évolué peut-être pas aussi rapidement qu’on voudrait par rapport aux problèmes des villes mais elle a effectivement évolué.

Que reste –t-il à faire pour booster le secteur agricole ?

Pierre SILVIE : L’un des gros problèmes de l’agriculture africaine, c’est la fertilité des sols, le manque de matières organiques, la restitution des résidus végétaux.

Le défi de l’avenir sera le maintien de la vie biologique au niveau des sols.  Tout en étant inquiet sur ces choses, on sent déjà des initiatives telles que les sensibilisations sur l’humification des sols en matières organiques.

Il y a aussi des firmes qui proposent des solutions avec des ajouts de micro-organismes pour rendre de la vie biologique au niveau des sols. L’état des lieux est fait, le constat aussi et les premières solutions commencent à arriver.

Quels conseils donneriez-vous au monde agricole ?

Pierre SILVIE : Moi, je travaille avec la communauté des chercheurs donc mes conseils vont directement à mes pairs à savoir les entomologistes, les sélectionneurs, les généticiens, les agronomes sur la nécessité de partager les données, de les mémoriser, essayer d’avoir de grandes matrices de données qui peuvent faire des analyses statistiques plus fines pour mieux expliquer les phénomènes qu’on observe.

Les producteurs eux, ils ont déjà commencé à s’organiser, ils sont prêts, il faut leur faire confiance pour restituer aux membres des organisations paysannes les recommandations issues de leurs recherches.

 

Mots-clés :

Votre avis