Si certains arrivent à en trouver, d’autres, par contre, non. Pris de désespoir, la plupart finissent par lâcher.

Malgré la volonté exprimée par le gouvernement de porter à en moyenne 5% le financement bancaire au secteur de l’agriculture, les prochaines années en instituant le MIFA (Mécanisme incitatif de financement de l’agriculture), les vieilles habitudes auront toujours la peau dure.

Pour comprendre l’état d’esprit des banques et des institutions de microfinances (IMF) sur ce nouveau challenge, Agridigitale  a durant plusieurs semaines, interrogé le milieu financier du Togo sur l’épineux problème du financement du secteur agricole dont voici la première partie intitulée : L’heure de la grande confession.

D'abord les banques...

A la BTCI, il faut passer par un projet d’Etat

Cette banque collabore avec le secteur agricole au Togo à travers le financement des projets et politiques agricoles du gouvernement.

Elle a déjà financé le PAIEJ-SP (Projet d'appui à l'employabilité et l'insertion des jeunes dans les secteurs porteurs) et les primos entrepreneurs du PNPER (Programme National pour l’entrepreneuriat rural) sélectionnés selon les règles de l’art du projet.

Selon ORABANK, c’est la direction institutionnelle qui décide

Selon les informations reçues auprès des responsables de ORABANK-Togo, c’est la direction institutionnelle de la structure qui décide du montant et des directives du financement.

Toutefois, la banque fait partie des institutions bancaires les plus actives dans le financement du secteur agricole au Togo.

Elle s’intéresse plus au refinancement des IMF, des grandes sociétés telles que la NSCT (Nouvelle société cotonnière du Togo) et d’autres PME agricoles.

Le montant annuel du financement du secteur agricole au Togo en termes de prêts   par ORABANK est nettement supérieur à 2 milliards de F cfa.

La BSIC en mission d’exploration

La BSIC (Banque Sahélo-Saharienne pour l'Investissement et le Commerce) dans son palmarès de financement agricole ne reconnaît financer que la NSCT pour l’achat des intrants agricoles.

L’institution bancaire s’est en début d’année donnée pour objectif de mieux explorer le terrain du financement du secteur afin d’élargir son portefeuille.

Pour la BIA TOGO, tout le monde est client

La BIA-TOGO ne dispose pour l’instant d’aucun programme de financement spécialement dédié au secteur agricole.

Selon l’institution, tous les dossiers des clients demandeurs de crédit sont traités de la manière même s’il faut relever que ceux du secteur agricole présentent des difficultés dans la présentation de la garantie.

L’impasse pour cette banque, c’est l’étude incontournable de la demande pour quantifier le risque.

Quid des IMF ?

La SOGEMEF moins exigeante en termes de garantie

La Société Générale de Méso Finance comme son nom l’indique est plus orientée vers la méso finance. 

Contrairement aux banques, elle accorde une souplesse dans la demande de garanties aux demandeurs de crédits.

Dans son palmarès avec le secteur agricole, la SOGEMEF est déjà en partenariat avec les Entreprises de Services et Organisations Paysannes.

A la FECECAV, il faut d’abord être membre

La FECECAV, une institution de microfinance installée au Togo se montre plus proche et plus ouvert avec les acteurs du secteur agricole. Qu’on soit producteur agricole individuel, groupement de producteurs ou entreprise agricole, on est la bienvenue.

Mais avant toute discussion, il faudra être membre. Ceci étant, tout membre de la FECECAV après validation du dossier de demande de crédit a droit à un crédit au taux de 1,5% dégressif.

Mieux encore, même une carte grise de moto peut servir de garantie.

La FECECAV est en étroite collaboration avec les producteurs à la base, les groupements de producteurs, les ESOP et autres.

A Kara, PROMOFINANCE est ambassadeur des crédits de projet

Couvrant les 7 préfectures de la région de la Kara, PROMOFINANCE se révèle comme l’un des ambassadeurs du financement des projets dans le secteur agricole au Togo.

L’IMF va déjà au secours des SCOOPS (Société coopérative simplifiée) et micro entreprises de la région grâce au Fonds National de Finance Inclusive (FNFI) et au PNPER.

Au-delà de ce rôle qui lui est dévoué, comme tout autre membre de PROMOFINANCE, les producteurs agricoles peuvent y avoir accès au crédit ; seulement, il faut disposer d’au moins 30% sur le compte et présenter un projet scellé.

La COOPEC AD veut mieux faire mais…….

La Coopérative d’Epargne et de Crédit des Assemblées de Dieu dispose d’un panier de crédit dont ceux destinés au monde rural.

Selon les responsables de cette structure, la COOPEC AD veut mieux faire mais elle est limitée dans ses actions par le manque de ressources.

Pour preuve, la structure n’octroyait que des crédits à court terme jusqu’ à l’avènement du PAIEJ SP qui a élargi la durée des crédits au moyen terme.

FUCEC le doyen est prêt à jouer à toutes les cartes

Après plus d’une cinquantaine d’années d’accompagnement du monde rural, la Faîtière des Unions de Coopératives d’Epargne et de Crédit a donné le meilleur de soi.

L’institution dispose assez de moyens, produits de financement et mieux encore touche une multitude d’acteurs du secteur agricole.

Actuellement, près de 60% du portefeuille crédit de la FUCEC Togo est destiné au secteur agricole. Grâce à cette expérience, le réseau dispose d’experts agricoles qui accompagnent et suivent ses clients.

Et enfin quelle conclusion ?

Voici donc confessé l’état des lieux du financement du secteur agricole par les Banques. Au-delà de tout ce qui précède, peut-on attendre des banques, une amélioration du climat du financement entre les banques et IMF d’une part et les acteurs agricoles d’autre part ?

Les réponses à toutes ces questions dans la deuxième partie du dossier.

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