Début du changement dans la plaine (crédit photo Agridigitale)

Le trajet pour la découverte de la plaine laisse voir les localités de Mô, Banda, Folo, Matchatom, Bolkatanga, Djarkpanga ou encore Kagnigbara Boulohou, Saiboude, Tassi.

L’accès à ces localités à partir de Sokodé, où il faut quitter la Nationale N°1 pour arriver à Bassar, endroit où la route bitumée prend fin et reprend avec une route sur laquelle, on a le choix entre la poussière et la boue (en saison de pluie).

Il faut donc parcourir environ 100 km de route caillouteuse qui malgré les signes d’un grattage se laisse désirer par les empreintes du ruissellement d’eau de pluie dans la zone.

En tout, plus de trois heures d’horloge sur la route non bitumée, si l’on veut bien atteindre Tindjassi.

"C’est un cauchemar pour moi quand je prends cette route", s’indigne Souleyman, un usager de la route rencontré à Tindjassi.

L’accès à la plaine du Mô constitue encore un mythe pour les usagers, les riverains et les visiteurs.

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"Les Mercredis et jeudi, (jours de marché de Djarkpanga et Tindjassi), il faudra faire attention où l’on risque de s’écraser contre les véhicules de transport de marchandises qui tombent souvent en panne sur le trajet", témoigne un autre habitué de cette route au reporter de Agridigitale.

Outre la route, il faut aussi remarquer l’aspect des constructions qui entourent les infrastructures sociales et éducatives mises en place par le projet.

Le paysage n’a pas encore changé et l’on suppose que les habitants n’ont pas encore pris le train en marche pour ne pas dire qu’ils attendent que leurs revenus soient effectivement améliorés.

Par endroit, le réseau de téléphonie mobile est une denrée rare qui mobilise des foules autour points spécifiques où ils doivent mettre à jour leur carnet de contacts avant d’y retourner une prochaine fois.

"La plaine du Mô peut être un paradis pour ceux qui y sont nés et qui y résident encore. Je n’ai encore rien vu qui puisse être comparé à un paradis. Quand je suis en séjour, je suis obligé de me ravitailler de beaucoup de choses avant d’y arriver, sinon, difficile d’y trouver même les légumes", a laissé entendre la femme d’un employé en service dans la plaine.

Peut-on améliorer le décor ?

Les rapports sur les réalisations dans la plaine du Mô assortis d’une visite de la plaine laissent poser cette interrogation : "Peut-on encore améliorer le décor ?".

Plusieurs acteurs de développement se prononcent.

"La route du développement passe par le développement de la route. Il faut faciliter l’accès et les conditions aux investisseurs ou encore aux acteurs pour un développement effectif de la zone. Le premier aspect de l’enclavement de la plaine du Mô, c’est la route.  Ne pas considérer cet aspect dans la conception du projet serait une erreur", analysent certains observateurs.

"J’ai été surpris d’apprendre qu’il est prévu 4.500 hectares de ZAAP (Zone d’Aménagement Agricole Planifiée) dans la plaine. D’abord, c’est une atteinte à l’environnement, surtout pour cette petite plaine.  Ensuite, la plaine du Mô est reconnue pour la production de l’igname. Est-ce l’igname va-t-on produire sur ces ZAAP?", s’interroge un acteur de développement.  

Que retenir de la Plaine du Mô ?

Autant de questions que se posent plusieurs acteurs, aussi bien les bénéficiaires, les visiteurs, les usagers et autres témoins.

Une chose est certaine, le gouvernement togolais a émis sa bonne volonté d’apporter un changement dans la plaine du Mô, idée qui a reçu l’accompagnement des bailleurs de fonds.

Aujourd’hui, même si le projet chargé d’apporter ce coup de souffle à la population bénéficiaire est encore en activité, le changement opéré après 7 ans, reste à apprécier par tout un chacun en fonction de sa compréhension du mot "développement" et du changement.

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