Koffi AHADZI-NONOU

Le professeur AHADZI-NONOU y voit un vrai mirage dans la mise en œuvre de ces objectifs si les chercheurs africains dont les Etats ont souscrit à ces challenges ne mettent pas leur savoir-faire à contribution.

Pour l’heure, la situation est plus qu’aggravante dans la mesure où les Etats accordent très peu d’intérêt à la recherche scientifique et les chercheurs sont quasi-oubliés.

"Un tour d’horizon du système de recherche dans les différents Etats africains au sud du Sahara à l’exception peut-être de l’Afrique du sud débouche sur la conclusion que presque partout, la recherche scientifique ne fait pas partie des priorités de l’action gouvernementale", déplore le professeur qui regrette que "les chercheurs africains ne contribuent pas suffisamment à l’atteinte des ODD". Et ce n’est pas de leur faute !

Il rapporte qu’en 2007, l’Afrique sub-saharienne a contribué pour environ 2,3% au PIB mondial, mais ne dépense que 0,4% des soldes consacrés à la recherche et au développement". Ce qui relève d’une aberration.

Il explique cette mauvaise performance par un certain nombre de déficits liés notamment aux capacités institutionnelles limitées ; duplication des programmes, mauvaise qualité de la supervision des étudiants ; inadéquation des réponses aux besoins nationaux économiques et sociaux ; la rareté des bourses de troisième cycle ; la politique restrictive de recrutement des assistants ; l’accès limité à l’internet etc.

Que faire alors après ce beau tableau diagnostic?

Le professeur AHADZI-NONOU reconnaît d’emblée que le divorce entre la recherche scientifique et le développement durable n’est pas une fatalité.

"Une politique volontariste visant à mettre la recherche au cœur du développement peut y mettre fin", préconise –t-il.

L’éminent professeur des Universités publiques du Togo propose d’élaborer une politique nationale de la recherche adaptée aux besoins du modèle ; mettre à la disposition du développement durable des moyens suffisants (allocation budgétaire, des fonds autonomes publics ou privés).

"Que l’Etat finance un programme de bourse notamment doctoral et postdoctoral pour encourager la formation de futurs chercheurs et enseignants chercheurs en grand nombre en tenant compte de la politique nationale de développement. Que l’apprentissage et l’utilisation des TIC soient obligatoire du primaire à l’université", a-t-il suggéré.

Pour lui, les recherches scientifiques doivent désormais bénéficier de plus d’attention de la part des pouvoirs publics.

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