En attendant de se faire embaucher, il fait le maraichage à Lomé. Il cultive les laitues, les betteraves, du poivron et les carottes. Agridigitale l’a rencontré ce vendredi et voici son histoire.

Conscient de la saturation du marché d’emploi

Si je prends seulement notre filière Comptabilité Contrôle Audit à la FASEG, on enregistre 400 à 500 licences par semestre. Ce qui fait environ 800 à 1000 diplômés par an.

Si on étend ça à toute la FASEG et aux écoles privées de la place, est ce qu’on peut trouver de l’emploi à tout ce monde ? Ce n’est pas évident. Moi par exemple, j’ai déposé mes dossiers dans plusieurs entreprises mais pour le moment, je n’ai pas encore été appelé, mais je ne pouvais rester les bras croisés. Alors je me suis complètement investi dans le maraichage. Donc actuellement, c’est mon boulot. Et j’y gagne !

Pourquoi le jardinage ?

Je l’ai appris à zéro franc. C’est mon papa qui faisait le maraichage depuis 1986. Nous sommes quatre enfants. Et nous vivions en location.

C’est avec ça qu’il subvenait aux besoins de toute la famille (loyer, éducation, santé, alimentation…). Du coup j’ai été initié à la chose depuis que j’étais petit. Et je pense que c’est un atout.

Avec cette activité j’arrive à subvenir à mes besoins et je compte en profiter pour réaliser des choses à partir de cette activité.

Les difficultés

De nouveaux acteurs ont envahi le secteur. Et nous tous, nous semons les mêmes choses à la même période. Ça fait qu’au moment des récoltes, les produits abondent sur le marché (Atikpodji, Lomé).

La conséquence directe est que les prix chutent en même temps et considérablement. Pour éviter de perdre les produits, on se retrouve dans l’obligation de les brader.

Ce qui devait coûter 12.000F.CFA par exemple, nous revient à 3.500F CFA. Et cela nous cause d’énormes problèmes avec nos ouvriers.

Parfois même avec les institutions de microfinances pour ceux qui sont sous prêt.

Approche de solution

Nous sollicitons de l’aide pour obtenir des chambres froides afin de conserver nos produits et de ce fait éviter la perte de ces produits qui ne résistent pas à la chaleur. On peut aussi aller vers la transformation.

Conseils aux jeunes diplômés

Je profite de cette occasion pour dire à mes jeunes frères de tenir compte de la réalité que nous vivons au pays.

Le marché de l’emploi est très saturé. Qu’ils n’attendent pas d’être embauchés pour commencer par travailler.

Ils peuvent se lancer dans l’entreprenariat. Aujourd’hui le domaine agricole est très porteur. Ils peuvent y tenter leur chance. 

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