C’est l’histoire palpitante d’un homme orphelin de mère depuis son jeune âge et qui vit aujourd’hui de la terre.

"J’étais encore enfant quand j’ai perdu ma mère. Du coup je n’ai pas eu l’occasion d’aller à l’école. Je suivais les bœufs de mon papa. Ce dernier ne cessait de me dire que c’est grâce à la terre qu’il possédait ce troupeau.

Et de poursuivre : "en ces temps je ne bénéficiais que du lait des vaches. Un jour, tandis que j’étais en brousse avec le bétail, je me suis dit que si mon papa ne cesse de me dire que la terre est prometteuse, c’est qu’il y a un trésor caché".

Achat du bœuf

J’ai fait mon premier pas dans l’agriculture à 25 ans. Mon premier champ d’ignames m’a permis d’acheter un bœuf. Un étranger de la localité avait produit environ deux tonnes de riz sur une parcelle avoisinant un hectare que mon papa lui avait donné. 

J’ai suivi ces pas à la campagne suivante. Mon premier rendement était de 15 sacs de 50 kg sur une parcelle d’environ un carré (625 m2). J’ai vendu les 2/3.

J’y ai ajouté un peu de sous pour m’acheter un moulin, envoyer mon fils qui avait 7 ans à l’école et lui acheter un vélo. L’année suivante, j’ai pu réunir 650.000 pour m’acheter une moto Yamaha de 450.000 FCFA  à Kara et économiser le reste.

Mon père n’avait pas tort de me répéter que l’agriculture est prometteuse

J’ai compris que mon père n’avait pas tort de me répéter que l’agriculture est prometteuse. Ceci n’a jamais cessé d’être ma source de motivation. Aujourd’hui, je ne me plains pas.

J’ai vingt-et-une personne à charge et j’exploite près de 25 hectares sur lesquels je cultive principalement le riz et d’autres spéculations telles que le maïs, le coton, l’igname, le sorgho et le mil.

L’avenir assuré

S’il faut revenir en arrière, je choisirai toujours l’agriculture. Seulement les défis auxquels je fais face, est le fait que je ne sois pas allé à l’école.

Si j’y avais été, peut-être que j’aurai pu mieux gérer mes biens. Mais, Dieu merci, j’ai envoyé tous mes enfants à l’école. Ils sont maintenant proches de moi pour compléter tout ce dont j’ai manqué.

L’aîné travaille déjà dans une institution de microfinance de la localité. J’ai envoyé le cadet dans les pays voisins, à la recherche de la connaissance de l’Islam.

Il est maintenant Imam de ma mosquée. Un autre a appris à conduire le tracteur. J’ai mis un tracteur à sa disposition.

Un seul rêve, devenir champion en agriculture

Mon rêve est d’exceller dans l’agriculture et faire partie des meilleurs producteurs du pays et pour ce faire, je ne cesserai pas de m’approprier des moyens modernes pour booster mon rendement.      

 

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